L’attente

On la connais toutes cette attente. Au début, lors du transfert d’embryon on se dit « deux semaine à patienter? Pfff facile ». On se dit que ça va passer vite.

Les premiers jours passent vite, c’est vrai. Surtout quand comme moi on se paye le luxe d’avoir une semaine d’arrêt maladie.

Seulement voilà. Ma prise de sang étant prévue à 16dpo (soit vendredi 05/12) le temps s’est arrêté à 10dpo. Depuis tout me paraît looooong. Alors je me documente: je relis les blogs des copines pour me remémorer leur taux en fonction du jour de la prise de sang. En deux jours je suis devenue statisticienne en taux de grossesse. J’ai même organisé un référendum sur Facebook.

Il y a quelques jours j’ai péché et je suis allée acheter un test urinaire. Chose que j’avais promis d’arrêter de faire.

Aujourd’hui, 12 dpo j’ai re-péché. Je me suis demandée toute la journée quoi faire. Je suis rentrée décidée: je devais savoir! Je devais voir une dernière fois cette petite lucarne rester vierge de tout trait rose pour me faire (encore) une raison et passer (encore) à autre chose.

Et comme une photo vaut mieux qu’un long discours, j’ai décidé de me taire…

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La FIV 3

PMALand

Un moment que je ne suis pas repassée ici donner des nouvelles, voici donc le récit de cette FIV3.

La phase de blocage a débuté le 22 octobre avec la prise du Syna*rel. Drôle de petit pchit à se mettre dans le nez. Je suis plutôt fière de moi car j’ai réussi à ne pas l’oublier une seule fois. Il faut dire que j’étais organisée: un flacon sur ma table de nuit pour le pchit de 7h, et un dans le sac à main pour celui de 19h.

Le traitement. Je me souviens de ma première IAC où je restais allongée une demi heure après chaque injection. Pour cette FIV 3 j’aime à utiliser le qualificatif de FIVTT (vous connaissiez le VTT, non?). Le principe de la FIVTT c’est qu’on ne sait jamais où auront lieu les injections et dans quelles conditions. Le mot d’ordre est donc d’avoir en permanence tout son matériel avec soi et de mettre en place des rappels sur son téléphone histoire de ne pas oublier l’heure.

Les échos de contrôle ont lieu avec le Prof à chaque fois. Mon homme et moi avons choisi le suivi « Privé » qui consiste à mettre un peu d’argent de sa poche pour que l’ensemble des examens soient réalisés par le Prof. En d’autres termes cela nous permet (liste non exhaustive) de ne pas errer dans les couloirs à l’aube pour attendre son tour avant l’écho, de ne pas montrer ses fesses à une personne différente chaque jour, de pouvoir poser les questions qui nous viennent au « vrai » spécialiste et surtout d’avoir l’impression d’être une personne (avec un interlocuteur unique qui connait votre nom). En plus, j’ai la bonne surprise d’apprendre que mon suivi en privé serait intégralement remboursé par ma mutuelle d’entreprise, que demander de plus?

La biologiste nous reçoit dans son cabinet le 3 novembre. Un petit bout de femme avec qui le courant passe tout de suite. Elle nous explique l’échec de nos tentatives précédentes et nous propose des solutions concrètes: une FIV IMSI (avec un choix des spermatozoïdes au microscope à très fort grossissement), une culture prolongée et une hôtel 5* pour nos embryons: l’embryoscope! Petit jouet de très haute technologie, l’embryoscope est une couveuse de luxe pour les embryons les plus fragiles. Apparemment seuls 3 centres en sont équipés dans tout le pays et cet engin comporte 5 places. C’était donc un très grand honneur que nous faisait la biologiste de nous en réserver une. Elle nous a expliqué que cette couveuse permettait de surveiller les embryons et de les manipuler par ordinateur à tout moment sans jamais les sortir. Manipuler des embryons déjà fragiles est une manoeuvre périlleuse selon elle, ce qui se comprend aisément. Nous repartons à la maison pleins d’espoir. Nous avons vraiment l’impression d’avancer! Nous plaisantons en disant que nos embryons allaient avoir un hôtel de luxe. Une lueur d’espoir apparaît vraiment.

Les piqûres se succèdent, la dose de départ est plutôt faible (150ui) mais à chaque échographie nous augmentons en puissance pour terminer à 275ui les jours précédant le déclenchement. Lors des échographies le Prof dit que ça réagit doucement mais il reste serein. Il me dit d’un ton calme: « il faut savoir prendre son temps avec vous ». J’aime les échos avec le Prof parce qu’il est doux, en même temps il a dû voir passer tellement de patientes. Le vrai point positif du nouvel hôpital par rapport à la clinique est que chaque salle d’écho est équipée de toilettes avec un lavabo et des patères pour ses vêtements. Youpie, je ne suis plus obligée d’entasser mes vêtements sur une chaise dans un coin de la salle. Et quel luxe de pouvoir se rafraichir rapidement avant l’examen. Ca m’a fait penser à toutes ces échos faites dans le cabinet de mon ancien gynéco (avant qu’il ne bosse dans les locaux de la clinique) où il fallait que je pronostique le temps restant avant d’entrer en consultation pour vite filer aux toilettes enlever le « nécessaire à ragnagnas » (j’essaye de ne pas être trop sale là) et y retourner en courant à la fin de la consultation avant que ça ne commence à « fuir » (entre temps il fallait s’assoir sur une fesse en priant pour que le SuperDoc ne soit pas trop bavard). Autre point positif avec un semblant d’intimité pendant les échos par le drap d’examen que le Prof pose sur ton ventre et qui te fait te sentir presque habillée.

Dernière séance de sport le 12 novembre. Je rejoins SuperCopine chez elle avant le cours. Je décide tout lui dire (rappelez-vous c’est censé être une FIV secrète). Elle est enthousiaste (comme à son habitude) et me dit que ce n’est pas grave que je sèche les cours pendant quelques semaines. Etant infirmière, elle insiste pour me faire mon injection de Go*nal du jour en disant qu’elle voulait apporter sa contribution pour que ça me porte bonheur. A la fin de la séance je me sens comme un mollusque, j’ai perdu toute mon énergie, les traitement commencent à vraiment me rendre raplapla.

Un arrêt de travail est prévu pour une semaine. J’en informe mes patrons qui restent professionnels et compréhensifs: pas de souci pour eux du moment que je ne prends pas de retard dans mes dossiers. J’essaye de m’avancer au maximum et boucle tous mes dossiers le 18 novembre, veille de la ponction. Entre temps j’ai revu le Prof la veille pour une dernière écho. La récolte ne semble pas prometteuse: 7, 8 ovocytes environ. Je ne suis pas emballée par ce résultat mais il me rassure en disant que son but n’était pas d’avoir 15 ovocytes.

La piqûre de déclenchement est faite dans les toilettes d’un restaurant entre le plat et le dessert (je vous passe les détail du bac réfrigérant dans mon superbe sac à main). Ma belle-mère se demande pourquoi je quitte la table avec mon sac à main mais ne dit rien. La grand-mère de mon homme est là aussi. Lorsque je reviens mon homme me demande discrètement si tout s’est bien passé. Voilà, cette fois c’est parti.

La ponction a lieu mercredi 19 novembre. Je me réveille étonnamment sereine. Le fait que ce soit la 3ème ponction n’est pas sans lien car je sais à quelle sauce je vais être mangée même si c’est dans un nouvel hôpital. Nous arrivons à l’hôpital en avance. Une petite aide soignante me conduit dans ma chambre, elle me dit que je suis la première à passer, tant mieux! Nous rentrons dans une grande chambre seule, je suis ravie d’être au calme rien qu’avec mon homme. Les aides soignantes et l’infirmière se succèdent à mon chevet, elles sont toutes très gentilles. Je descends à 7h30 accompagnés par des brancardiers assez froids, un homme et une femme qui ne me jettent même pas un regard (on aurait dit qu’ils transportaient des marchandises). J’arrive dans une salle d’attente où plusieurs femmes entrent juste après, chacune dans son lit. Nous restons de longues minutes à attendre. Je suis la première à être appelée, un infirmier me fait glisser de mon lit au brancard et m’emmène au bloc. Quatre femmes sont là: deux sont infirmières ou aide-soigantes, l’anesthésiste et son assistante. Elles sont gentilles et plaisantent entre elles. Je me sens entre de bonnes mains. Le Prof n’est pas là… Je commence à avoir envie de faire pipi… L’infirmier s’approche de moi avec une sorte d’aspirateur, il me sourit et me dis: « je vous mets le chauffage ». Il installe le tuyau sur mon ventre et je sens l’air chaud. Une des deux infirmières s’approche de moi et me demande si la musique me plait, je vois un petit écran d’ordinateur au dessus de ma tête. Norah Jones, mon homme adore cette chanteuse. Je lui réponds que tout est parfait.

Le prof arrive à 8h05 et se fait charrier pour son retard. Il me demande si je vais bien, je lui demande si il est bien réveillé. Il sourit. « 364 jours avec une demi heure d’avance et elles me charrient le seul où j’ai 5 minutes de retard ». L’anesthésiste est jolie, elle se penche sur moi et me dit que je vais sentir des picotements et m’endormir. Je hoche la tête…. dodo…..

J’ouvre les yeux en salle de réveil, il est 8h30. Ca n’a pas duré longtemps. J’ai un petit peu mal au ventre mais ça va. L’infirmière me dit que tout s’est bien passé. Une autre fille revient du bloc juste après. A peine réveillée elle demande « combien d’ovocytes »? La question que nous nous posons toutes. Je remonte dans ma chambre où mon chéri m’attend. Rien de bien passionnant pour le reste de la matinée parce que je dors beaucoup. Mon homme doit descendre voir le biologiste qui est de service ce jour là. Il revient avec le sourire, du moins c’est ce que je crois voir… Il m’explique que 5 ovocytes seulement ont été ponctionnés, un faible résultat. Pire encore, il me dit que l’IMSI n’a pas pu être faite car son recueil  n’a pas été assez bon.

Tout s’écroule. Nous avions mis tellement d’espoir dans cette FIV IMSI. Sans cette technique je m’attends à la même catastrophe que pour les FIVs 1 et 2. Et comme je suis bonne en maths, je comprends bien vite que si 15 ovocytes donnent 1 blastocyste, alors 5 ovocytes ne donneront rien. Je passe les heures qui suivent à pleurer. Mon homme me dit qu’il est désolé, je me sens aussi fautive que lui. Nous attendons les visites du biologiste et de l’anesthésiste pour rentrer. J’ai envie de rentrer chez moi tout de suite, cette journée est éprouvante. Le biologiste vient enfin. Il est accompagné d’une jeune fille italienne (d’après l’accent). Elle m’explique les traitements et me donne les détails pour le transfert. J’écoute d’une oreille, à quoi bon puisqu’il n’y aura pas de transfert. Le biologiste me demande si j’ai des questions, mon mari me pousse un peu. Je lui demande alors: « est-ce que tout est fini »? Il me répond que non, malgré nos précédentes expériences. Il comprend mon appréhension mais me dit qu’il n’y a pas de cas général et qu’il a vu tous les cas de figure. Il nous a dit que c’était très important d’y croire encore. Je n’ai pas pleuré mais les larmes étaient très proches. J’ai regardé l’italienne avec ses beaux yeux bleus. Elle aussi avait l’air au bord des larmes.

L’attente ne m’a pas paru stressante. Non, puisque pour moi tout était terminé. J’attendais l’appel de la biologiste me disant que tout était fini pour pouvoir passer à autre chose. J’ai commencé les traitements en vue d’un transfert qui n’aurait jamais lieu. Mes seules pensées positives: une FIV sans transfert ne sera pas décomptée et dès l’appel de la biologiste je pourrai arrêter l’Utro-crado (il ne me manquait pas celui-là).

L’appel a été passé sur mon portable vendredi 21 novembre en fin de matinée. En décrochant j’ai reconnu la voix de la biologiste qui nous avait reçu en rendez-vous. Elle refait un point sur notre dossier: 5 ovocytes, tous micro-injectés. Elle me dit ensuite: « trois sont précoces et deux continuent leur développement ». C’est-à-dire? Quoi? Elle m’explique que trois d’entre eux sont très bons et que les deux autres sont encore dans la course mais à un rythme un peu plus lent. Cette fois l’hécatombe n’aura pas eu lieu. J’appelle mon homme en pleurant « il y en a 5, il y en a 5 ». Je crois l’entendre pleurer lui aussi. Rien n’est encore gagné, mais rien n’est perdu non plus, contrairement à ce que je pronostiquais.

Les jours suivants ont été ponctués par les appels de la biologiste. Samedi 22 les 3 embryons avaient conservé leur avance, les deux autre commençaient à être hors circuit. Dimanche 23, un embryon magnifique, un assez bon mais sans plus et 3 embryons ne donnant pas grand chose. Au pire il devrait y avoir 1 blastocyste ce qui égalerait notre meilleur score (celui de FIV 1). Dernier coup de fil lundi 24 à 8h00: « j’ai une très bonne nouvelle, nous avons deux beaux blastocystes, venez à la clinique à 10h15 pour le transfert ». Nous sommes aux anges.

Le transfert a donc eu lieu lundi 24 novembre. Nous étions un grand nombre de couples dans la salle d’attente. Nous avons d’abord vu la biologiste qui nous a confirmé que les deux blastocystes étaient superbes. Ensuite, nous avons vu le Prof pour le transfert. Avant de partir il a donné des fioles de Decapep*til et le nécessaire pour l’injecter. Par « donner » je veux dire qu’il a fourgué tout cela dans les mains de mon homme qui n’osait plus bouger. Quand j’allais lui serrer la main, le Prof a pris ma main droite, l’a serrée très très fort et m’ a dit « Merde! Et tenez-moi au courant ».

Voilà, vous savez tout. Mes deux petits passagers sont là quelque part. Peut être qu’ils sont en train de s’accrocher, peut être qu’il ne sont déjà plus là. Il est possible que nous soyons en train de commencer une nouvelle aventure mais ça, nous le saurons très vite…..

Liebster Award

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Tout d’abord: merci à mon Lapinou d’amour et à ma jolie Boule de Mousse pour ces nominations.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le Liebster Award: le but est de nominer les blogs d’autres copines ayant moins de 200 followers afin de les faire connaître. La méthode est assez ludique puisqu’il faut répondre aux 11 questions posées par la personne qui vous a nominé (pour moi Dame Lapin sur son blog http://enroutepourmininous.wordpress.com et Boule de Mousse http://boule2mousse.wordpress.com) et de raconter 11 anecdotes à propos de soi. Pourquoi 11? Parce que le 5 était pris par les doigts de la main, le sept par les jours de la semaine (et j’en passe).

Les 11 anecdotes:

Mon homme m’a amélioré. Avant de le connaître je n’avais pas confiance en moi. J’étais persuadée que je ne ferais rien de bien extraordinaire de ma vie. Je me contentais de ce que j’avais. Mon homme est arrivé avec son charisme et son ambition. Il me tire vers le haut, il m’aide à donner le meilleur. Avec lui je vis plus vite, je soulève des montagnes, je vais de l’avant, je recherche la perfection.

Avec la PMA je me suis réfugiée dans mon boulot. Et j’ai pour objectif d’être une Working Girl accomplie. Pour l’instant je me débrouille pas mal puisque mon poste va prochainement évoluer vers des sommets que je ne pensais pas voir venir si tôt.

J’ai un gros besoin de reconnaissance. J’ai eu une adolescence un peu difficile. Par manque d’affirmation j’étais plutôt effacée et les pimbêches de l’époque savaient bien comment me faire pleurer. Depuis, j’ai besoin de sentir que je compte, que les gens m’apprécient, que je fais de bonnes choses. J’ai besoin d’épater et d’être « au top » dans le maximum de domaines: boulot, cuisine…

Notre histoire d’amour n’était pas faite pour durer. Pour dire vrai: j’avais 17 ans, j’étais un peu beaucoup saoule. Ce garçon était mon pote, il m’a embrassé. Je me suis dit que nous verrions bien ce que demain nous réserverait… Et bien justement, demain ça fera pile 12 ans.

Juste avant notre mariage, mon homme a perdu son père. C’était le premier contact que j’avais avec la mort (et c’était bien loin d’être le dernier). Je me souviens d’avoir laissé mon homme et sa mère aller se recueillir dans la chambre funéraire et d’être restée seule sur le parvis de l’hôpital. Une dame est arrivée de nulle part et m’a prise dans ses bras. Je ne la connaissais pas. Elle m’a simplement dit « vous n’oublierez pas, mais vous verrez, un jour ça deviendra plus facile ». Puis elle est partie. Je ne l’ai jamais revue mais je pense souvent à elle lorsque moral est bas. J’aime à m’imaginer qu’un jour je serai moi aussi cette femme pour une autre personne.

Je ne suis pas superstitieuse, je ne crois pas en l’astrologie ni en la destinée. Je crois que chacun construit son chemin et va dans la direction de son choix. Je crois au libre arbitre et j’ai envie de dire à Dame Nature qu’elle se trompe.

Des 7 nains je suis Joyeux. Dans mon groupe d’amis nous avons chacun un nain. Je me suis vue attribué le nain joyeux (attention, élection officielle et tout).Et c’est vrai que je suis le joyeux drille de la bande: j’aime faire rire, raconter des conneries. Parfois je m’auto-blague (parce que je ris de mes propres blagues).

Je suis bonne vivante. J’adore manger et boire. Si je m’écoutais je ferais sans doute le double de mon poids. Mon repas rêvé? Du fromage et du pain, un ballon de bon rouge.

Je suis à la fois un garçon manqué et une fi-fille. Et j’aime cette dualité. Ma mère a fait un « régime garçon » avant ma conception (c’était très à la mode à l’époque et, comme vous le voyez, ça fonctionnait à la perfection). Mon père n’ayant pas eu de fils, j’ai voulu jouer ce rôle. C’est ainsi que j’ai participé aux parties de pêche, aux sorties moto, aux séances de bricolage. Je suis considérée par mes copains « mecs » comme celle qui n’a peur de rien. A côté de ça j’ai un côté très girly puisque je collectionne les escarpins avec des talons vertigineux et que je suis souvent habillée en tailleurs.

Petite, je me considérais comme le vilain petit canard. Déjà parce que je n’avais pas la même couleur de cheveux que les autres membres de ma famille. Avec mes deux frangines nous jouions aux Cat’s Eyes (et oui, c’était le super dessin animé de l’époque). Il y avait la jolie (celle qui avait un sourire radieux qui mettait le monde à ses genoux), il y avait l’intelligente (celle qui réussissait à l’école, qui savait comment obtenir ce qu’elle voulait par ingéniosité)… et il y avait moi… Moi qui n’avais rien d’autre à proposer et qui était sans cesse comparée aux deux autres. Aujourd’hui, aux yeux de mon homme je suis un cygne (même si je me sens plus autruche).

Je suis passée par toutes les couleurs de cheveux. Rousse, rouge, brun, châtain, blond: j’aime les délires capillaires.

Les 11 questions de Dame Lapin:

1/ Quel serait ton pouvoir magique? Je dirais: ralentir le temps. Je suis le genre de personne qui vit à 200km/h. Je mène plein de projets de front, je suis très prise par mon travail, je passe des instants trop courts avec mes proches. J’aimerais parfois ralentir le temps pour souffler un peu et profiter des meilleurs moments. D’ailleurs si je pouvais avoir la possibilité d’accélérer le temps dans certaines situations ça pourrait être sympa aussi! 2/ Quel métier voulais-tu faire étant petite? Je n’ai pas le souvenir d’avoir rêvé d’un métier étant petite. Je me suis laissée le temps de décider. Au lycée, étant en manque d’inspiration, j’ai choisi de suivre la filière S comme mes frangines. J’ai toujours eu la « fibre artistique » et j’aime créer. Au moment de choisir mes études supérieures je voulais être architecte. Les aléas de la vie (à savoir mon bulletin scolaire moyen en terminale S) ont fait que j’ai manqué de peu l’entrée à l’école d’archi. Mais avec un peu de débrouillardise je dois admettre que je m’en suis bien sortie (j’exerce un autre métier qui reste assez semblable). 3/ Quel métier voudrais-tu faire à présent? Le miens (bon, avec une grosse voiture de fonction, un ipomme6 et un salaire multiplié par 3 ce serait mieux mais on ne peut pas tout avoir). Aujourd’hui j’ai un poste qui allie mon côté créatif avec beaucoup de technique. Chaque jour je donne mes tripes, chaque jour j’en ch** pour trouver des solutions et essayer de fournir le travail de 2 personnes. Mais je rentre chez moi le soir en me disant « je l’ai fait ». 4/ Quelle est la personne du corps médical qui t’a le plus touchée en PMA et pourquoi? Lors d’un contrôle sanguin pour de ma FIV2 ma prise de sang a été faite par une infirmière ancienne PMette. Elle avait beaucoup d’empathie et nous avons longuement parlé. Elle m’a dit que son parcours n’avait pas abouti à une grossesse mais qu’elle avait eu la chance d’adopter. Quand je suis partie elle m’a dit de ne pas perdre espoir. Je pense souvent à cette phrase. 5/ Quel est ton pire souvenir en PMA? Dans ce même laboratoire d’analyses, je suis venue chercher les résultats de ma prise de sang pour connaître le verdict de notre FIV2. L’homme qui nous a reçu a ouvert la feuille de résultats, il a relevé la tête en nous disant « c’est négatif, bonne journée ». Moi homme était là, nous n’avons pas eu la force de lui répondre. Le deuxième pire souvenir: lors de ma première FIV, le médecin qui nous suivait était très optimiste. Il nous avait convaincu que nous étions un « cas facile ». Deux jours après la magnifique ponction de 15 ovocytes en FIV1, je m’assois sur mon lit pour téléphoner au biologiste. Il m’annonce qu’il ne reste qu’un unique embryon. Je fonds en larmes. Le problème c’est qu’à l’étage inférieur, un ouvrier est chez moi pour installer ma nouvelle chaudière. J’appelle mon homme qui arrive immédiatement de son boulot. Je crois que nous sommes restés ensemble assis sur ce lit à pleurer pendant de longues minutes. 6/ Quel est ton meilleur souvenir en PMA? Pour l’instant je n’en trouve pas. Réfléchir aux pires souvenirs m’a fait remonter tellement de négativité que j’avoue ne pas être certaine de voir une issue positive à tout ça. Pour faire un clin d’oeil à ma Zelda je dirais les rencontres avec le Prof: ses longues jambes, ses sourires en coin, ses phrases qui tuent et ses pointages de doigts. 7/ Plutôt champagne ou mojito? Champagne. Je pourrais me noyer dans un bain de champagne. J’aime aussi beaucoup le vin, surtout les bons vins blancs. 8/ Quelle est l’odeur que tu préfères? Il y en a beaucoup. Le parfum de mon homme (Montblanc Legend), l’odeur de mon chien (non pas que le chien soit la meilleure odeur qui existe mais la mienne elle est à moi, c’est une compagne fidèle, c’est mon amie à quatre pattes, je lui fais des câlins de tête et je respire son odeur), le Syn*thol (j’adore, mon homme en met quand il a des contractures musculaires), le miel (je suis dans ma période soins du corps au miel), les odeurs de viennoiseries et de gâteaux. 9/ Quel est ton prochain projet à court terme (hors PMA)? Mener cette FIV3 à bien et S’EN SORTIR (c’est vraiment mon leitmotiv en ce moment). Essayer de perdre le moins de plumes possible, même si on en perd toujours pas mal. Hors PMA ce serait d’être heureuse dans ma vie et dans mon couple. De rendre mon homme fier et heureux. 10/ Qu’aurais-tu fait de tout l’argent déboursé en PMA? J’aurais essayé de l’économiser. Je dis bien « essayer » car je vis avec un homme dépensier. Et comment ne pas lâcher quand il vous dit « j’ai envie qu’on aille t’acheter un cadeau aujourd’hui »? 11/ Si tu pouvais vivre n’importe où, où cela serait-il? A peu près dans le même coin que maintenant. Dans une maison plus grande et plus belle Entre temps j’aurais fait virer certains de mes cons de voisins. J’ai parfois des envies de soleil mais j’aime par dessus tout être proche de ma famille. Je crois que ce qu’il me faudrait ce serait plein de résidences secondaires pour emmener mes potes et ma famille. COURAGE VOUS ÊTES BIENTÔT À LA FIN! 😂 Les 11 questions de Boule de Mousse: Pourquoi ce pseudo? Simple! J’adore ce dessin animé et je cherchais un jeu de mot. J’ai cherché sur la blogosphère si il n’existait pas déjà une Alice, et hop. L’autre possibilité que j’avais choisi c’était « Charlotte n’a pas envie de fraises ». Comment as-tu rencontré ton chéri chéri? Sur les bancs de l’école. C’était le petit nouveau. Si on te disait que tu ne peux faire qu’un voyage dans ta vie mais où tu veux, tu irais où et pourquoi? La Thaïlande, parce que j’ai mon cousin là bas, que je rêve d’aller le voir et que ce pays m’attire beaucoup. Quel est le plat que tu adores cuisiner à tes invités? Le couscous! Même si ça demande des heures de préparation et malgré que ça ne fasse pas du tout partie de ma culture. Quelle genre de petite fille étais-tu? Sage mais un peu casse-cou. As-tu une passion, un hobby? La moto comme conductrice ou passagère derrière mon homme. J’ai d’excellents souvenirs avec lui en moto comme notre tour de Corse ou notre journée sous l’averse l’été dernier quand nous nous sommes arrêtés trempés dans un magasin pour acheter des pulls et des k-ways et que la vendeuse a été aux petits oignons. Qu’est-ce qui t’aide à remonter la pente quand t’as le moral dans les chaussettes (que ce soit à cause de la pma ou pas)? Penser à la dame devant l’hôpital. Vivre avec cet homme tellement fort et tellement optimiste! Quel est l’endroit où tu peux vraiment retrouver de la sérénité? Ma voiture. Le trajet qui me ramène à la maison est ma soupape de décompression. J’ai besoin de ce bout de route pour me calmer les nerfs quand la journée a été trop dure. C’est aussi un endroit où je me réfugie pour pleurer et que mon homme ne me voit pas craquer. Si tu devais être un animal, tu serais quoi et pourquoi? Un chien: joyeux, fidèle en amour et en amitié. Quelles aspirations as-tu vraiment à coeur? Vivre à fond chaque instant. Raconte-moi une anecdote sur toi. Encore? J’adore chanter. Je chante à longueur de temps mais uniquement quand je suis seule. Ma scène est le plus souvent ma bagnole. Et je peux vous assurer, en tant que seul public, que je n’ai rien à envier à Mariah Carey. Mouhahahahaha!!! 😄 Allez, maintenant on nomine (désolé pour celles qui ont déjà reçu une invitation): Koala en PMA (http://koalaenpma.wordpress.com) Maman pour quand (http://mamanpourquand.wordpress.com) Tinkiginie (http://titefeetinkie.wordpress.com) Miss Kangourou (http://lamisskangourou.wordpress.com) Allison (http://allisonwew.wordpress.com) Pivoine (http://lespivoinespma.wordpress.com) Miliette (http://enquetede3.wordpress.com) MOnoi (http://pour2grainesetdesbijoux.blogspot.fr) Marinette (http://journaldemarinette.wordpress.com) Little Wife (http://yourlittlewife.wordpress.com) Choubaktte (http://choubakette.wordpress.com) Je vous embrasse toutes,félicitations pour celles qui sont allées jusqu’au bout!

Y croire

Nuage de Mots - Pensée Positive en Français

Il est 20h30 Encore une bonne séance de sport. J’ai trémoussé mon popotin sur les rythmes latinos comme tous les mercredis soirs. A ma gauche ma Supercopine. Chaque semaine pendant le cours on se jette des petits regards complices. On pique des fou rires en regardant M. Muscles onduler sur la musique pour nous montrer les pas. Autant le préciser tout de suite, ce que j’ai sous les yeux ressemble à ça:

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….. mais ce n’est pas le propos du jour. J’ai quelque part l’impression de la trahir un peu en ne lui parlant pas de cette « FIV secrète » qui se prépare. Dans quelques semaines je vais commencer à sécher les cours de sport du mercredi soir. Un premier pour me rendre à l’échographie de démarrage, un autre après la ponction, probablement un autre pour le transfert… Et si le résultat était positif? Faudrait-il continuer à danser au risque de me « faire du mal ». C’est étrange que ces pensées me viennent maintenant. Moi qui n’ai jamais eu une once d’accroche. Moi et mes 3 embryons en deux FIVs. Pourquoi cette tentative serait différente des précédentes? Pourtant une partie de moi à envie d’y croire. Une partie qui aime à penser que je vais être à l’étroit dans mon petit cabriolet, que je vais devoir gérer des formations pour mon futur poste en étant enceinte, que le dernier trimestre de mes deux abonnements de sport sera perdu. Pourtant, cette tentative sera fatalement identique aux précédentes. Je le sais et je me prépare à la chute. Alors pour mettre toutes les chances de mon côté: – je garde précieuse la Carte Princesse que Titine m’a fabriquée – j’avale matin et soir ces médicaments qui sont censés améliorer la fécondité – j’écoute le CD d’auto hypnose de Leeloo même si je m’endors dès les 10 premières minutes dans 90% des cas – j’ai vu deux fois le réflexologue – je suis suivie par le meilleur spécialiste de la région – je vais reprendre le Gon*al qui m’avait donné mon plus grand nombre d’ovocytes – j’essaye d’être positive tout simplement – et si vous avez d’autres idées je suis preneuse!

Le grand secret

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Le blog a cet avantage de permettre l’anonymat. Et, bien que les audiences grimpent, j’ai encore cette douce impression d’être ici totalement incognito.

C’est pourquoi je vous annonce ici le démarrage de notre FIV secrète! Le principe: personne dans notre entourage n’est au courant de notre retour en PMA. Personne? Si… Pour des questions d’organisation j’ai mis au courant ma direction soit 2 personnes et ma collègue qui bosse au secrétariat (car elle va devoir gérer mes sautes d’humeur alors autant l’y préparer).

Le but pour nous est de nous détacher de la pression familiale. De ne pas avoir à répondre aux questions. En bref, d’être des gros égoïstes et de nous concentrer sur nous. Les fois précédentes, les amis et la famille ont été des soutiens de taille. Cette fois-ci nous avons besoin de retrouver un peu notre pudeur (ce qui n’est pas du luxe en PMA).

La semaine dernière nous avons retrouvé notre Prof. C’était notre deuxième rencontre (pour mémoire il est le « chef » de la nouvelle équipe qui va nous accompagner pour cette FIV3 dans notre nouveau centre). Nous faisons la queue à l’accueil afin de prévenir la secrétaire de notre arrivée. Prof arrive dans le couloir, nous regarde de haut en bas et pointe son doigt dans ma direction: « NOUS……. avons rendez-vous! ». J’acquiesce. Prof me regarde… petit hochement de tête en direction de son bureau et fait demi-tour. Un sacré personnage ce type! Il parcours le long couloir à grandes enjambées, je lui cours après (ça me rappelle le premier rendez-vous). Soudain, il s’arrête au milieu du couloir: « Ça fait un an que je ne vous ai pas vus » affirme-t’il. J’acquiesce encore. « Et ben qu’est-ce que vous avez foutus? ». Je regarde l’air amusé de mon homme. Nous entrons dans son bureau dont nous ressortons moins de 10 minutes plus tard protocole en mains.

Je reprends la conversation là où je l’avais laissée:

 » Pendant un an? Et bien nous nous sommes reposés! Nous avons rechargé les batteries.

La PMA c’est usant, me réponds-t’il. Vous avez eu raison de prendre un peu de temps (regard compréhensif). Bon, l’embolie du varicocèle de Monsieur… ce n’est pas génial. Un petit peu plus de spermatozoïdes mais ce n’est pas la folie.

Bon, tant pis. au moins on aura essayé.

Bon, alors on y va?

Quoi??? (grosse angoisse de PMette: Quoi, il va m’annoncer une écho endo? Maintenant? Mais je ne me suis pas préparée… est-ce que je suis épilée correctement…..)

Ben oui, on y va pour FIV3?!

Ha, heu, oui-oui, heuuu, on y va.

(Prof tape sur son ordinateur, imprime des documents, beaucoup, beaucoup de documents. Il nous fourgue tout ça dans les mains.)

Bon, Madame, Pur*gon stylo, Syn*rel à mettre dans le nez

Heuuu, non le Pur*gon m’a fait un urticaire la dernière fois. Et le spray dans le nez c’est quoi?

C’est comme quand on a un rhume! Et le papier orange, je vous l’ai donné le papier orange?

Je ne sais pas et j’en ai plein les mains

Bon, ma secrétaire va tout vous expliquer!

Nous sortons du bureau sans avoir tellement réalisé ce qui nous arrivait. Mon homme et moi nous nous sommes regardés, et en même temps nous avons dit « put*in, j’adore ce mec » 😍.

Nous sommes rentrés à la maison remplis de cette énergie que notre Prof avait partagé avec nous. En mode:

Le programme pour les semaines et mois à venir est le suivant: J1 est arrivé en trombes dès le lendemain avec une semaine d’avance. J’ai commencé le Conc*ptio en gélules. La version homme rendait mon chéri malade, ça n’a pas loupé avec moi. Je me sens un peu vaseuse mais c’est pour la bonne cause. Dans une vingtaine de jours je commence à me « pchiter » le nez en mode « gros-rhume » et je revois Prof en début de mois prochain pour une première écho qui marquera le retour des injections. Numéro 3, nous voilà!

En selle…

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Attention les yeux, voici les news du jours.

J’aurais pu vous annoncer ma grossesse. Vous dire que je suis partie en vacances, que j’ai déposé un dossier d’adoption et que ça a enlevé le blocage qui était dans ma tête. Vous m’auriez traité de « pregnant bitch » et vous auriez eu raison. Et pourtant… Après 15 mois d’arrêt de traitement la coquille est toujours aussi vide. Autrement dit: pas l’ombre d’un soupçon de grossesse. Rien, néant, nada.

Le dossier d’adoption suit son bonhomme de chemin. Nous avons vu l’assistante sociale pour le second rdv qui s’est déroulé chez nous. Tout s’est très bien passé malgré mon chien qui a trouvé sympa de s’assoir sur les pieds de l’AS et de lui coller des poils plein le pantalon. J’avais pourtant laissé des consignes (à croire que ces bêtes n’écoutent que ce qu’elles veulent bien entendre). Bref! Un tour de la maison, quelques questions complémentaires et tout était fini. La semaine prochaine nous passerons à l’étape suivante avec le rdv qui me ravie chez la psychologue. Affaire à suivre.

Et contrairement à ce que je vais dire à cette brave dame psychologue, le deuil de la PMA n’est pas fait. Car, oui, PMA nous revoilà. Tout est parti d’une discussion avec ma chef (ex-PMette pour mémoire) qui m’a présenté la jolie évolution de carrière qu’elle prévoit pour moi dans les mois à venir. Et, de son propre chef, elle ajoute que je pourrais profiter des mois restant avant cette évolution de poste pour « m’occuper de mes projets personnels ». Une opportunité de carrière et une invitation à la FIV dans la même phrase. (Le petit Freddy Mercury dans ma tête s’est mis à chanter « We are the Champiiiiions »). Ni une ni deux, j’ai tout de suite appelé mon homme qui a pris rdv avec notre Prof du nouvel hôpital. Nous le verrons dans quelques semaines pour prévoir FIV3. Donc un nouveau protocole sur octobre ou novembre. Je ne pensais pas dire ça un jour mais j’ai hâte de ressortir ma petite boîte à PMA et de redécouvrir ce qu’elle contient (lotion hydro alcoolique, seringues, compresses…). Pour cette FIV j’ai l’impression de repartir sur de nouvelles bases: nouvel hôpital, forme physique et mentale retrouvée, mon homme a de nouvelles « balloches » toutes neuves (c’est pas moi qui l’ai dit c’est Prof). Et autant dire que je suis prête à essayer tout et n’importe quoi: acuponcture, cure de maca, auto-hypnose…. Si vous avez des idées à partager. J’essayerai de revenir très vite avec des nouvelles, car: No time for loosers cause we are the champiiiiiions…

Réflexion bête du jour: « balloches » se corrige automatiquement en « balles moches », ça m’a fait rire.

Réflexion bête n•2: cet article a été écrit à la va-vite sur mon téléphone pendant ma pause de midi, c’est un peu le Bronx mais l’intention est là!

Le Doudou

Mon homme et moi avons assisté à notre premier rdv avec l’assistante sociale pour notre dossier d’adoption.

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Malgré notre appréhension l’entretien s’est assez bien déroulé. Nous avons été reçus par une assistante sociale plutôt sympathique. L’entretien s’est déroulé à la manière d’une conversation orientée sur certains sujet par l’AS.
En deux heures de temps nous avons fait le résumé de notre petite vie: nous avons parlé de notre rencontre, de notre vie au quotidien, de nos familles, de notre désir d’enfant.

Bien entendu le sujet du parcours médical a rapidement été mis sur le tapis. Nous avons simplement dit que nous n’attendions plus rien de la PMA. Qu’il nous restait deux FIVs mais que nous n’étions pas certains de les faire.
Même si en réalité nous savons que le parcours médical sera poursuivi jusqu’au bout. Nous avons préféré ne pas l’évoquer afin de ne pas louper notre agrément pour absence de « deuil de l’enfant biologique ».

Les questions de l’AS se sont ensuite tournées vers cet enfant que nous espérons. Mode de garde, éducation… Des problématiques que nous pensions résoudre (à 4 mois de grossesse) 4-5 ans après l’obtention de notre agrément! Qu’importe, nous avons réussi à broder autour des sujets imposés.
Parmi les autres points évoqués: le handicap, la crise d’adolescence, la couleur de peau… Tout ça pour nous rappeler qu’une adoption ce n’est pas une ballade de santé.

Quelques larmes sont montées lorsque l’AS a demandé: « parlez-moi de la rencontre avec votre enfant ». Inutile de dire que cette rencontre a été vécue mille fois en pensée. D’abord le coup de fil, je pleure. Nous entrons dans la pouponnière, on nous tend un enfant, cet enfant, notre enfant. Et nous apprenons à nous regarder, à nous (re)connaître.
« Allez-vous lui acheter un cadeau? » Ça m’a fait penser à un doudou hérisson comme j’avais étant petite, d’où la photo qui apparaissait dans cet article un peu plus tôt dans la journée. A la relecture de ce billet (comme j’aime le faire la plupart du temps), j’ai trouvé plus adapté de changer pour un doudou Renard. Voilà pourquoi:

 

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Extrait du Petit Prince de Saint Exupéry
C’est alors qu’apparut le renard.
-Bonjour, dit le renard. ..
-Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
-Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
-Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli..
-Je suis un renard, dit le renard.
Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé
[…]
-Qu’est-ce que signifie « apprivoiser »?
-C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »
-Créer des liens ?
-Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons.
Et je n’ ai pas besoin de toi. Et tu n’a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
[…]
-Que faut-il faire ? dit le petit prince.
-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…