Comment va-t’elle?

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« Comment va-t’elle »? C’est sans doute la phrase la plus entendue ce weekend.

Aucun rapport avec moi mais à propos de ma voisine qui a accouché samedi matin. Il est commun de demander au nouveau Papa des nouvelles de son petit et de la femme qui l’a fait naître. C’est même normal car mettre un enfant au monde, il paraît que c’est difficile. Mais se dire que ça ne nous arrivera probablement jamais c’est un autre type de douleur. Alors ELLES, comment vont-elles? Celles qui vivent l’échec de ne rien trouver au bout du chemin. Celles qui, épreuve après épreuve, mettent une croix sur leur rêve devenant inaccessible. Celles qui se battent pour concevoir dans la douleur et qui continuent à se prendre des murs.

Et bien celle qui vit dans ma maison, elle va mal. Elle a perdu espoir, elle a perdu la bonne humeur qui la caractérise, elle a perdu son optimisme. Et au milieu des « comment va-t’elle », elle a eu droit à: « tu as l’air fatiguée, tu as trop fait la bringue? »

La phrase qui me tourne dans la tête depuis le départ c’est « je voulais juste savoir ce que ça faisait ». Ce que ça fait d’être enceinte, de se savoir enceinte, d’avoir un taux différent de zéro, de sentir son enfant bouger, d’accoucher, de tenir SON enfant. Alice, elle en a tenu des enfants dans ses bras, mais elle ne se doutait pas qu’elle ne pourrait pas en avoir un rien que pour elle. Depuis le début du parcours PMA, Alice ne veut plus qu’on lui colle de bébé dans les bras. Non, ils ne la répugnent pas, mais elle ne veut pas s’attacher. Elle ne veut pas éprouver de sentiments pour les bébés des autres car elle sait qu’il faudra les rendre. Alice en a marre, elle est au bout du rouleau. Elle veut SON bébé, à elle. Elle veut lui dire qu’elle l’aime et le couvrir de baisers, lui dire qu’il a les yeux de son Papa, elle veut lui acheter une poupée Wald*orf qui coûtera aussi cher que son abonnement annuel à la piscine, elle veut faire des tours de quartier en landau. Mais aujourd’hui elle est triste car elle se rend compte que ça ne lui arrivera probablement jamais.

Je serai là si tu as besoin.

Cette phrase aussi je l’ai beaucoup entendue cette semaine. Mais ma copine (témoin de mariage) qui devait venir me voir ce weekend et qui a annulé? Elle qui ne m’a toujours pas demandé de mes nouvelles depuis FIV1? Elle n’était pas là. Ma voisine qui m’a dit qu’elle ne bossait pas dimanche et qu’elle répondrait présente? Quand je lui ai demandé si je pouvais passer la voir elle m’a dit qu’elle venait de se lever et que ça ne l’arrangeait pas parce qu’elle était pressée. Elle n’était pas là. Et ma copine S. qui m’a demandé des nouvelles après la ponction? Lorsqu’elle m’a demandé de décaler mon anniversaire parce que ça ne l’arrangeait pas et qu’elle a monopolisé la conversation sur le futur prénom de la gosse d’une autre copine. Quand j’ai fait une allusion à l’échec de ma FIV et qu’elle n’a même pas compris. Elle n’était pas là.

J’aimerais juste savoir pourquoi? Pourquoi on se sent obligé de dire aux gens qui sont dans la tristesse que l’on sera là pour eux? Personne n’est jamais là pour personne, alors arrêtez tout simplement de me faire croire que ce sera différent. Le seul réconfort que je trouve ce sont les copinautes qui, elles, répondent présentes même si elles n’ont jamais rien promis.

Les enfants croisés ce weekend.

Vendredi j’ai appris qu’une autre de mes voisines voulait un troisième enfant. Depuis, je me dis que ce sera une énième  annonce de grossesse difficile à encaisser. Car moi, je serai toujours sur le quai avec mon ventre vide…

Samedi soir nous nous sommes un peu forcés à sortir car c’était l’anniversaire de notre SuperCopine (j’ai parlé d’elle dans mon tout premier article). C’est la meilleure amie de mon homme, même plus! C’est sa soeur spirituelle, c’est aussi la mienne. Bref, si il y a une seule personne pour qui nous nous serions forcés à sortir de chez nous après le résultats négatif, c’est bien elle. Samedi soir donc, il y avait aussi un couple de copains que nous n’avions pas vus depuis au moins 5 ans. Ils ont une fille de 5 mois (je l’ai appris juste avant qu’ils arrivent). A un moment, le père avait mis la petite dans un transat et il a essayé de déplacer le transat et l’a fait se retourner. La petite, se retrouvant le visage contre le sol a poussé un hurlement pas possible. Ce son m’a fait tellement de mal que les larmes sont montées toutes seules sans que je puisse les retenir. C’était un déchirement, ce son il a résonné dans mon ventre, il m’a brisé le coeur… Mais personne n’en a rien vu car l’agitation s’est faite autour de l’enfant (qui au final a eu plus de peur que de mal).

Dimanche, nous avons eu la visite d’un couple de copains avec leur petite de 1 an. Habituellement adorable lorsqu’elle est avec son père, je l’ai découverte démoniaque lorsqu’il avait le dos tourné et que sa mère était seule à s’en occuper. Après avoir retourné tout mon intérieur et s’être roulé par terre une demi douzaine de fois j’ai constaté avec effroi que chaque bêtise était ponctuée d’un « tu es chiante » par sa mère. On ne doit pas avoir la même notion de l’éducation…

Le don, la vie sans enfant et les autres alternatives.

Suite à ce nouvel échec, et ayant écumé la moitié de nos tentatives, il nous a fallu remettre en question notre parcours PMA.

Concernant le centre dans lequel nous sommes suivis: nous allons prévoir un débriefing assez salé durant lequel je compte bien évoquer LE sujet qui fâche. Où trouver la limite entre expérimentations médicales et espérances de patients qui remettent leurs vies entre les mains du personnel médical? Comment peut-on arriver à deux échecs de FIV (soit la moitié du parcours) et en être toujours au stade du « on va essayer ça et on verra bien si ça marche ». A vrai dire, il nous reste deux tentatives dans toute notre vie, alors les « on verra bien » je n’en veux plus. De même pour les déclenchements trop tôt car « on ne travaille pas le dimanche » qui m’ont fait perdre la moitié de mes ovocytes. Au final je pense que nous allons dire au revoir à SuperDoc et aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs.

Concernant le don, j’ai du mal à m’y résoudre… Je me dis que nous ne sommes pas encore allés au bout des possibilités en utilisant nos gamètes à nous et nous souhaitons tous les deux aller au bout des tentatives avec les petits bouts de nous deux.

Pour ce qui est de l’adoption, c’est un choix délicat également. Mon homme n’est pas emballé, mais c’est plutôt de l’ordre de la question administrative. Un passage à la loupe de nos vies pour savoir si nous sommes capables ou non d’éduquer un enfant. Une intrusion dans nos vies: nos boulots, notre maison, nos comptes en banque et notre façon de dépenser notre argent. Un passage devant les psychologues (ce qui ferait  enrager mon homme). Notre jeune âge qui ne nous donne absolument aucune priorité. Bref, après une intrusion médicale avec la PMA, je ne suis pas sûre que nous supportions une invasion administrative.

Il y a aussi eu cette proposition. Cette preuve d’amour, qui me laisse sans voix… Ma propre soeur qui souhaite me donner ses ovocytes.

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Ce que l’on pourrait dire…

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Souvent, je m’imagine raconter notre parcours PMA à nos futurs enfants.

Je ne sais pas si vous aussi vous faites la même chose. A chaque cycle d’IAC ou de FIV j’essaye de me souvenir de petits moments rigolo ou cocasses que je garderai en mémoire pour leur raconter un jour.

Pour l’IAC j’aurais pu leur dire qu’ils avaient assisté à un grand concert lorsqu’ils étaient dans mon ventre. Et aussi que j’avais fait ma piqûre de déclenchement dans ma voiture le soir de l’anniversaire de leurs cousines.

Pour la FIV1 j’aurais pu leur dire qu’il faisait froid. Que nous étions bien dans notre nouvelle maison. Que nous avons recommencé à parler concrètement de ces enfants que nous aurions un jour.

Pour la FIV2, je pourrais leur dire que j’ai débuté ma simulation au bord de la mer, le lendemain d’une journée de baignade et d’un resto créole avec ma soeur. Que j’ai commencé les cours de piano. Que j’ai tout un tas de porte-bonheur. Que j’ai annulé un weekend à Paris mais que c’était pour la bonne cause. Que j’ai rempli une bouteille de 1 litre entièrement avec des aiguilles et des flacons mais que c’était aussi pour la bonne cause. Que la ponction a eu lieu le jour de l’anniversaire de deux potes très proches. Que le transfert s’est déroulé le jour de l’anniversaire de mon beau-père qui n’est plus avec nous. Que nous avons attendu le verdict en trépignant. Que j’ai repris la moto parce que nous sommes tombés en panne de voiture.

Que perdant patience je suis allée faire ma prise de sang 3 jours avant sur ma moto.

Mais je ne leur dirai rien…

En fait j’ai arrêté de leur parler hier soir lorsque nous sommes allés chercher les résultats du labo. Lorsque j’ai compris que mes bébés étaient une notion abstraite et qu’ils n’existaient que dans ma tête. Verdict sans appel: zéro. Pas d’accroche, rien. Pas d’embryon congelé, retour case départ. Et vous savez quoi? Dans trois semaines c’est mon anniversaire…

Pour l’anecdote: pour la FIV1 j’étais allée faire la prise de sang dans un labo près de chez moi. J’avais déjà le verdict puisque DNLP avait tenu à me l’annoncer en personne. Lorsque l’infirmière m’a demandé de quand dataient mes dernières règles et que je lui ai répondu hier elle s’est foutu de ma gueule: « eh bien Madame, vous avez vos règles et vous venez faire un test de grossesse? » Et puis elle était partie, ne me laissant même pas le temps de répondre.

Hier, j’ai changé de labo tout en restant près de chez moi. Vers 17h, lorsque nous sommes allés chercher les résultats avec mon homme, nous sommes entrés dans le cabinet médical et avons donné notre nom. Le type du laboratoire a ouvert mon document, l’a lu, et a relevé la tête en disant « c’est négatif, bonne journée ».

Voilà ce que je mérite après 1 an de PMA, une IAC et deux FIV: « c’est négatif, bonne journée »?

Crampes de cerveau [+ ÉDIT]

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J’y crois… je n’y crois plus…. j’y crois de nouveau….

C’est le fouilli dans ma tête! Aujourd’hui je me suis rendue compte que pour la FIV1 j’avais également eu mon transfert le mercredi (donc prise de sang à faire le lundi comme c’est le cas cette fois-ci). Je me souviens avoir passé une première semaine sans trop psychoter jusqu’au mercredi où j’ai eu des douleurs de règle puis du sang. Jeudi matin c’était le retour en trombes de J1.

Imaginez donc mon état d’esprit quand j’ai été réveillée ce matin par ces même douleurs de règle. Depuis, la journée tourne presque exclusivement autour de mon scrutage de fond de culotte (moment Glam de mon article). A savoir que je vais aux toilettes toutes les heures, et encore, je me retiens! Pour le moment pas de sang et les douleurs sont parties (comme c’est le cas juste avant J1). Du coup j’ai peur que ça sente la loose ce soir. J’ai eu ma mère et ma soeur au téléphone qui m’ont rassuré en me disant que l’on pouvait être enceinte et avoir ce genre de sensation. Ma mère m’a dit qu’à l’époque elle aussi avait pensé que « c’était la loose » (pas en ces termes, ça reste une Maman!). Tout ça pour dire que les générations se suivent, que les années passent mais que les problèmes de fonds de culottes restent intacts!

Jusque là j’avais réussi à rester presque patiente et presque sereine. J’ai même fini par y croire, mais là je ne sais plus. Pour le moment aucun nouveau signe, je pense que chaque heure passée sera une petite victoire me rapprochant de la ligne d’arrivée.

A part ça! L’utro c’est vraiment trop miam! J’adooooore! J’ai la poitrine énoooorme et qui me fait un mal de chien. Du coup pour me soulager je suis obligée de dormir en brassière de sport et mon chéri a interdiction de m’éfleurer (mais il est gentil et reste aux petits oignons quand même).

Ironie du sort: lundi j’ai couru après un train, mais pour de vrai! J’ai entendu que le train allait quitter la gare et j’ai couru comme une dératée jusqu’au bout du quai. Et je l’ai eu!!! Un signe? D’ailleurs: note pour mes embryons, si vous êtes encore là, promis je ne le ferai plus!

Sinon je continue les cours de piano. Je prends goût à jouer à la maison et je trouve ça relaxant.

Édit du soir: comme promis je suis venue arranger la fin mon article qui était un peu décousue. Voilà les news toutes fraiches: toujours pas de sang et les douleurs de règle ne sont pas revenues. Je suis contente d’avoir passé le cap du mercredi (car la dernière fois ça n’avait pas été un succès). Chaque heure sans que le sang revienne est considérée comme une grande victoire. Comme d’habitude « affaire à suivre ».

Mon homme n’étant pas là ce soir je suis contente d’avoir vos commentaires pour me rassurer et me tenir compagnie! Je suis toujours aussi impressionnée de voir que vous êtes si nombreuses à me lire et à m’écrire! Merci

 

Lettre à mes embryons

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J’écris ces mots pour vous deux mes petites cellules, dans l’espoir que vous les lisiez un jour.

En ce moment même vous êtes en train de graviter dans mon ventre. J’espère que vous trouvez l’environnement agréable. Aujourd’hui vous êtes mes petits bouts d’espoir, les deux derniers.

L’avant veille de la ponction, le docteur avait écrit sur mon dossier « 21 » au crayon à papier. Malheureusement, à cause d’une erreur de timing le crayon a été effacé et c’est un « 11 » qui a été noté au stylo. 11 ovocytes prélevés dont 10 matures. Et même si ce nombre est plutôt conséquent je savais intérieurement qu’il n’était pas suffisant au vu de la dernière tentative (15 ovocytes pour 1 embryon). La ponction s’est bien passée. Les douleurs sont encore très présentes mais l’anesthésiste a fait un meilleur travail et je me suis réveillée comme après une bonne nuit de sommeil. Doudou est resté près de moi tout le temps me faisant des grimaces et me prenant la main pour me soutenir. En milieu d’après-midi nous sommes rentrés à la maison et avons profité de la terrasse le temps d’une éclaircie.

Le lendemain, j’ai téléphoné au laboratoire pour avoir de vos nouvelles. Vous n’étiez plus que quatre. Le Dr Oz m’a à nouveau parlé de la mauvaise qualité de mes cellules et m’a demandé de le rappeler le lendemain matin.

Hier matin vous n’étiez plus que deux. Le Dr Oz a dit que deux autres pouvaient encore « continuer » mais qu’il ne fallait pas trop compter dessus. Il nous a convoqué un peu plus tard dans la matinée pour un transfert.

Hier à midi vous avez rejoins votre dernier domicile grâce à SuperDoc. Depuis je me ménage, je prends soin de moi et je tourne au ralenti. Je veille à ce que votre environnement vous paraisse le plus confortable possible. Dr Oz a dit qu’il y avait 40% de chances que l’un de vous deux décide de rester avec moi, 12% que vous soyez deux.

Malgré mes ovocytes récalcitrants vous êtes là. Vous êtes notre espoir, les petits bout de nous deux que nous attendions depuis si longtemps.

Vous avez la chance d’être les petites cellules les plus aimées au monde et les plus attendues.
J’ai deux bras qui attendent d’être remplis et un coeur assez gros pour vous offrir un amour incommensurable. Alors s’il vous plaît: restez encore un peu avec moi.

Parce qu’aujourd’hui

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Parce qu’aujourd’hui est un jour particulier et parce que, comme vous, je le redoute chaque année depuis pas de temps.

Je voulais vous adresser un message à vous les copines de galère. Parce que nous nous battons tous les jours pour que cette fête soit aussi la notre. Pour ce simple mot « Maman », qui résonne si fort en nos coeurs. Dans le miens vous êtes toutes des Mamans, et les meilleures du monde.

Merci à celle pour qui le chemin est bientôt arrivé à son terme. Celles qui touchent leur rêve du bout des doigt mais qui n’ont pas oublié la douleur et qui en parlent avec pudeur.

Alors bonne fêtes aux Mamans de coeur. Aux Maman qui attendent leur tout petit avec patience et passion. A toutes celles qui espèrent voir naître l’espoir au creux de leur ventre très bientôt.

Pour ma part cette fête des mères a un goût bien particulier avec mon entrée à la clinique demain matin pour la ponction n°2. Je n’ai pas eu le temps de répondre à vos derniers commentaires mais je les ai lus avec attention et vous répondrai dans la semaine. Pour les nouvelles: à la dernière écho il y avait 25 follicules et je pense que nous sommes passés pas loin de l’hyperstimulation. Avoir très peu de follicules c’est mauvais signe, mais en avoir beaucoup trop je ne suis pas certaine que ce soit un gage de qualité. J’ai vu la collègue dont-je-ne-connais-pas-le-nom hier matin. Elle m’a prescrit un déclenchement le soir même. Selon ses dire, le déclenchement aurait été optimal ce soir MAIS (il y a toujours un mais) cela voulait dire ponction le mardi et transfert de blasto (si il y en a) le dimanche. Vous saviez déjà que l’ovulait pas le dimanche? Eh bien le jour du seigneur on ne fait pas non plus de blastocytes!! Ce que ça engendre chez nous est la perte d’une moitié de mes follicules qui manquent encore un peu de maturité. C’était ça ou attendre un déclenchement lundi et flirter avec les risques d’hyperstimulation. Ce soir je me sens un peu frustrée… Frustrée d’avoir tellement de follicules et de ne pas leur laisser la chance de mûrir convenablement.

Et j’ai peur aussi… J’ai toujours eu peur des hôpitaux (car mon beau papa est décédé lors d’une opération) et j’ai vraiment beaucoup souffert lors de la dernière tentative. Le petit plus par rapport à la dernière ponction c’est que mon chéri a posé sa journée et que je pourrai compter sur sa présence à mes côtés.

Vivent les collliers de nouilles! Je vous embrasse.

 

Le vent du changement!

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FIV2: c’est parti!

Ce mois-ci la montre Suisse a repris du service avec un J1 qui est tombé dimanche dernier comme je l’espérais (« j’aime quand un plan se déroule sans accroc »). Une ponctualité qui a eu pas mal d’avantages et notamment celui de me permettre de prendre quelques jours de vacances sur la côte.

Je me suis rendue à la clinique Lundi dernier pour faire la connaissance avec la collègue de SuperDoc, en charge des échos ce jour là. Un petit brin de femme toute gentille qui s’est extasiée devant mes ovaires (paraîtrait qu’ils sont « très beaux »). Elle m’a donné le feu vert pour le démarrage de la FIV2 avec un super cadeau bonus: un décalage de protocole de quelques jours en restant sous Prova*mès un peu plus longtemps (je ne savais pas que c’était possible). Double avantage: être présente à une journée pour laquelle je me suis inscrite comme bénévole il y a quelques mois (qui devait tomber grosso-modo en période de transfert) ET partir à Paris avec mon homme vendredi (qui devait être mon jour de ponction). Sans ce décalage mon homme n’aurait pas pu partir non plus à cause du recueil, et comme cette escapade parisienne est en lien avec le boulot ça sentait la galère. Mais non! Grâce à Mme-Gygy-dont-je-ne-connais-pas-le-nom cette fois pas de loose!

Mardi matin, toute seule dans ma petite voiture, je suis partie direction le Sud (Hyères)! A peine arrivée: maillot de bain, lunettes, serviette, plage, mer, baignade (16°C ça piquait un peu quand même). Sur le chemin du retour je me suis laissée tenter par une petite glace (au top quoi!). Le soir resto Malgache avec ma soeur, bien arrosé au rhum avant de démarrer la phase piqûres.

Mercredi et Jeudi j’ai profité des copains P. et So. qui nous hébergeaient du côté de Nice. La météo a été mauvaise et nous a empêché d’aller voir la montée des marches à Cannes mais nous avons compensé avec deux bons restos (dont un qui m’a servi exclusivement du fromage, du pain et du vin rouge…). Génial!

Vendredi nous sommes rentrés à la maison qui avait bien avancé (maison neuve avec encore des travaux à l’extérieur).Encore une bonne nouvelle!

Samedi et dimanche en famille avec mes deux soeurs et mes quatre nièces (ça faisait longtemps que nous n’avions pas été tous réunis).

J’ai juste envie de dire QUELLE BONNE SEMAINE!! Et plein de petits détails de bonne augure: j’ai reçu ma Matriochka-porte-bonheur, ma soeur m’a offert un gros trèfle à quatre feuilles, j’arrête pas de voir des arc-en-ciel (dont le beau double que j’ai mis en photo).. Bref, les signes de bonheur et de chance fleurissent de partout. La roue aurait-elle commencé à tourner?

Point sur le protocole:

Après cinq jours de piqûre rien à signaler. Je crois que je me prends moins la tête par rapport à la première FIV. Je fais les piqûres debout dans la cuisine (alors que pour la première je restais couchée au moins dix minutes), je bois un petit verre de vin avec plaisir. Je ne sais pas si c’est du je m’en-foutisme… une partie de moi n’espère que très très peu et s’attend à zéro embryon…

Ma narcolepsie reprend du service et j’ai de nouveau du mal à sortir de mon lit.

Je profite de ce post pour dénoncer la plus grande arnaque de tous les temps: le Meno*pur!! Ou plutôt l’ampoule en verre contenant le solvant. Premier essai chez mes copains jeudi soir: bilan, une explosion au moment de casser le col de l’ampoule et des débris de verre un peu partout. Manque de bol mon homme a voulu faire le mélange et a mis renversé le solvant. Nous avons donc ouvert une seconde ampoule qui a explosé comme la première. Vendredi, essayant de bien faire, j’ai ouvert l’ampoule… comment dire… dans mon doigt. Toute seule à la maison avec le mélange à faire puis la piqûre et le sang qui coulait coulait coulait. Bref, le top! Allez, encore une petite semaine pour s’ouvrir les autres doigts!

Savoir s’entourer

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Voilà un petit moment que je ne suis pas repassée par ici pour écrire,  j’ai l’impression que cela fait une éternité.

J’ai jeté un oeil régulièrement aux commentaires que vous avez laissé et ça m’a remonté le moral. Encore une fois: un grand merci à vous toute! Merci également à celles qui me suivent même si elles ne se manifestent pas. Mais pour dire vrai j’ai passé beaucoup plus de temps sur les blogs des copines que sur le mien. J’ai griffonné un début d’article il y a quelques jours mais je n’arrivais pas à le finir.

Ces dernières semaines ont été ponctuées par un bon petit épisode de déprime (merci la PMA). Je crois que je n’avais pas encore réellement digéré la FIV1 et que j’avais besoin de cette période de tristesse et de remise en question pour aborder la prochaine tentative avec sérénité. Un petit spleen ça ne fait pas de mal quelques fois (à condition que ça ne dure pas longtemps). 

Voilà quel a été mon programme:

  • Des pleurs… mais alors beaucoup, beaucoup de pleurs. J’ai pleuré devant mon ordinateur en écoutant Barbara, j’ai pleuré dans ma cuisine en rangeant mes courses, j’ai pleuré devant Pekin Express quand les équipes ont franchi la ligne d’arrivée. J’ai surtout pleuré devant le générique de début du Roi Lion… je vous laisse imaginer les flots lorsque le papa est mort.
  • Un désintérêt pour tout. Moi qui suis pourtant d’un naturel enjoué j’ai été démotivée par tout, même les choses qui habituellement me plaisent. Pas envie de cuisiner, pas envie de sortir, pas envie de réfléchir à de nouveaux projets pour la maison… L’impression d’être lassée de tout et de tout le monde.
  • Une grande fatigue mais des nuits agitées sans que le sommeil ne vienne.

Bref, je suis arrivée à un point où je ne me supportais plus… Il y a peu j’ai décidé de me mettre un coup de pied aux fesses et de me bouger un peu. Etrangement ça a marché. Depuis, chaque matin au réveil un petit bout de ma tristesse disparaît.

Pour en revenir à l’intitulé de cet article: « Savoir s’entourer » parce qu’en ce moment mes relations avec les autres sont compliquées:

  • Je suis encerclée de femmes enceintes, de bébés, de jeunes enfants/mamans. Comme je travaille à la maison j’ai le droit à la ronde des poussettes et des vélos tous les après-midi après le goûter. Je ne m’en plains pas: le quartier est animé et c’est agréable (je prends d’ailleurs part aux commérages assez volontiers). Ce qui est appréciable vers chez moi c’est que personne ne pose de questions sauf mes deux voisines qui sont au courant mais qui en parlent discrètement.
  • Ce qui me rend le plus mal à l’aise ce sont les bébés. Plus ils sont petits plus l’effet est dévastateur… Je ne peux pas m’empêcher de penser à l’âge qu’aurait mon petit si il était venu naturellement et à la taille de mon ventre si l’IAC avait marché/si l’embryon de la FIV s’était accroché. La semaine dernière nous sommes allés diner chez un couple de copains qui viennent d’avoir leur bébé FIV. Après avoir parlé de nos difficultés suite l’échec de la FIV1 ma copine m’a collé son bébé dans les bras, comme si elle n’avait rien entendu de la douleur que je lui avais décrite. Je me suis sentie démunie. Pourtant entre mes années de baby-sitting et mes quatre nièces, les bébés ça me connait. Là en l’occurence, je me suis juste sentie conne.
  • Ce weekend nous sommes allés à la montagne avec notre groupe de potes pour fêter les trente ans de deux d’entre eux. Il y avait ma copine C, toujours aussi enceinte. Autant pour sa première grossesse elle était épanouie, là elle a plutôt la grossesse-mauvaise (comme certains ont l’alcool mauvais). Du coup elle a beaucoup un peu râlé… J’ai passé mon temps avec ma copine So. que je vois rarement car elle habite à Nice. So. m’a posé des questions à propos de la FIV1 et de son déroulement (tout le petit groupe est au courant car ce sont des amis très proches). Elle qui n’a pas encore d’envie d’enfant je l’ai trouvé très intéressée. Elle m’a dit qu’elle « nous admirait parce que c’était un parcours long et très difficile » et que « personne ne pouvait s’imaginer les difficultés que cela représentait sans l’avoir vécu ». Quel amour. Je crois ne jamais avoir discuté avec une personne aussi compréhensive.

La semaine prochaine mon homme part en déplacement pour le boulot et sera deux nuits chez nos copains P. et So. et il était prévu que je parte avec lui. Seulement la semaine prochaine ce sera le début de la stim pour FIV2. J’essaye de faire mes petits calculs: le seul moyen de partir ce serait d’avoir un J1 samedi ou dimanche pour n’avoir le deuxième RDV chez SuperDoc que le vendredi: date de retour à casa. Reste à savoir si ma montre Suisse interne voudra bien reprendre du service suite à l’histoire du gobelet le mois dernier. J1 est officiellement prévu pour dimanche.

Inutile de préciser que ces quelques jours à Nice et Cannes (en plein festival) seraient des vacances bien méritées et que j’en crève d’envie! En plus, étant sous Méno*pur je n’ai pas de glacière à trouver puisque les doses ne se conservent pas au frais. S’il te plait DN, ne fait pas ta p*** et laisse moi juste quatre jours avec mes copains! Comme d’habitude: affaire à suivre!

PS: vous noterez sur la photo que je me fais martyriser par la belle aux bois dormant, sachez que cette histoire n’en restera pas là!