En selle…

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Attention les yeux, voici les news du jours.

J’aurais pu vous annoncer ma grossesse. Vous dire que je suis partie en vacances, que j’ai déposé un dossier d’adoption et que ça a enlevé le blocage qui était dans ma tête. Vous m’auriez traité de « pregnant bitch » et vous auriez eu raison. Et pourtant… Après 15 mois d’arrêt de traitement la coquille est toujours aussi vide. Autrement dit: pas l’ombre d’un soupçon de grossesse. Rien, néant, nada.

Le dossier d’adoption suit son bonhomme de chemin. Nous avons vu l’assistante sociale pour le second rdv qui s’est déroulé chez nous. Tout s’est très bien passé malgré mon chien qui a trouvé sympa de s’assoir sur les pieds de l’AS et de lui coller des poils plein le pantalon. J’avais pourtant laissé des consignes (à croire que ces bêtes n’écoutent que ce qu’elles veulent bien entendre). Bref! Un tour de la maison, quelques questions complémentaires et tout était fini. La semaine prochaine nous passerons à l’étape suivante avec le rdv qui me ravie chez la psychologue. Affaire à suivre.

Et contrairement à ce que je vais dire à cette brave dame psychologue, le deuil de la PMA n’est pas fait. Car, oui, PMA nous revoilà. Tout est parti d’une discussion avec ma chef (ex-PMette pour mémoire) qui m’a présenté la jolie évolution de carrière qu’elle prévoit pour moi dans les mois à venir. Et, de son propre chef, elle ajoute que je pourrais profiter des mois restant avant cette évolution de poste pour « m’occuper de mes projets personnels ». Une opportunité de carrière et une invitation à la FIV dans la même phrase. (Le petit Freddy Mercury dans ma tête s’est mis à chanter « We are the Champiiiiions »). Ni une ni deux, j’ai tout de suite appelé mon homme qui a pris rdv avec notre Prof du nouvel hôpital. Nous le verrons dans quelques semaines pour prévoir FIV3. Donc un nouveau protocole sur octobre ou novembre. Je ne pensais pas dire ça un jour mais j’ai hâte de ressortir ma petite boîte à PMA et de redécouvrir ce qu’elle contient (lotion hydro alcoolique, seringues, compresses…). Pour cette FIV j’ai l’impression de repartir sur de nouvelles bases: nouvel hôpital, forme physique et mentale retrouvée, mon homme a de nouvelles « balloches » toutes neuves (c’est pas moi qui l’ai dit c’est Prof). Et autant dire que je suis prête à essayer tout et n’importe quoi: acuponcture, cure de maca, auto-hypnose…. Si vous avez des idées à partager. J’essayerai de revenir très vite avec des nouvelles, car: No time for loosers cause we are the champiiiiiions…

Réflexion bête du jour: « balloches » se corrige automatiquement en « balles moches », ça m’a fait rire.

Réflexion bête n•2: cet article a été écrit à la va-vite sur mon téléphone pendant ma pause de midi, c’est un peu le Bronx mais l’intention est là!

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Le Doudou

Mon homme et moi avons assisté à notre premier rdv avec l’assistante sociale pour notre dossier d’adoption.

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Malgré notre appréhension l’entretien s’est assez bien déroulé. Nous avons été reçus par une assistante sociale plutôt sympathique. L’entretien s’est déroulé à la manière d’une conversation orientée sur certains sujet par l’AS.
En deux heures de temps nous avons fait le résumé de notre petite vie: nous avons parlé de notre rencontre, de notre vie au quotidien, de nos familles, de notre désir d’enfant.

Bien entendu le sujet du parcours médical a rapidement été mis sur le tapis. Nous avons simplement dit que nous n’attendions plus rien de la PMA. Qu’il nous restait deux FIVs mais que nous n’étions pas certains de les faire.
Même si en réalité nous savons que le parcours médical sera poursuivi jusqu’au bout. Nous avons préféré ne pas l’évoquer afin de ne pas louper notre agrément pour absence de « deuil de l’enfant biologique ».

Les questions de l’AS se sont ensuite tournées vers cet enfant que nous espérons. Mode de garde, éducation… Des problématiques que nous pensions résoudre (à 4 mois de grossesse) 4-5 ans après l’obtention de notre agrément! Qu’importe, nous avons réussi à broder autour des sujets imposés.
Parmi les autres points évoqués: le handicap, la crise d’adolescence, la couleur de peau… Tout ça pour nous rappeler qu’une adoption ce n’est pas une ballade de santé.

Quelques larmes sont montées lorsque l’AS a demandé: « parlez-moi de la rencontre avec votre enfant ». Inutile de dire que cette rencontre a été vécue mille fois en pensée. D’abord le coup de fil, je pleure. Nous entrons dans la pouponnière, on nous tend un enfant, cet enfant, notre enfant. Et nous apprenons à nous regarder, à nous (re)connaître.
« Allez-vous lui acheter un cadeau? » Ça m’a fait penser à un doudou hérisson comme j’avais étant petite, d’où la photo qui apparaissait dans cet article un peu plus tôt dans la journée. A la relecture de ce billet (comme j’aime le faire la plupart du temps), j’ai trouvé plus adapté de changer pour un doudou Renard. Voilà pourquoi:

 

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Extrait du Petit Prince de Saint Exupéry
C’est alors qu’apparut le renard.
-Bonjour, dit le renard. ..
-Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
-Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
-Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli..
-Je suis un renard, dit le renard.
Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
-Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé
[…]
-Qu’est-ce que signifie « apprivoiser »?
-C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie « créer des liens… »
-Créer des liens ?
-Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons.
Et je n’ ai pas besoin de toi. Et tu n’a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
[…]
-Que faut-il faire ? dit le petit prince.
-Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…