La FIV 3

PMALand

Un moment que je ne suis pas repassée ici donner des nouvelles, voici donc le récit de cette FIV3.

La phase de blocage a débuté le 22 octobre avec la prise du Syna*rel. Drôle de petit pchit à se mettre dans le nez. Je suis plutôt fière de moi car j’ai réussi à ne pas l’oublier une seule fois. Il faut dire que j’étais organisée: un flacon sur ma table de nuit pour le pchit de 7h, et un dans le sac à main pour celui de 19h.

Le traitement. Je me souviens de ma première IAC où je restais allongée une demi heure après chaque injection. Pour cette FIV 3 j’aime à utiliser le qualificatif de FIVTT (vous connaissiez le VTT, non?). Le principe de la FIVTT c’est qu’on ne sait jamais où auront lieu les injections et dans quelles conditions. Le mot d’ordre est donc d’avoir en permanence tout son matériel avec soi et de mettre en place des rappels sur son téléphone histoire de ne pas oublier l’heure.

Les échos de contrôle ont lieu avec le Prof à chaque fois. Mon homme et moi avons choisi le suivi « Privé » qui consiste à mettre un peu d’argent de sa poche pour que l’ensemble des examens soient réalisés par le Prof. En d’autres termes cela nous permet (liste non exhaustive) de ne pas errer dans les couloirs à l’aube pour attendre son tour avant l’écho, de ne pas montrer ses fesses à une personne différente chaque jour, de pouvoir poser les questions qui nous viennent au « vrai » spécialiste et surtout d’avoir l’impression d’être une personne (avec un interlocuteur unique qui connait votre nom). En plus, j’ai la bonne surprise d’apprendre que mon suivi en privé serait intégralement remboursé par ma mutuelle d’entreprise, que demander de plus?

La biologiste nous reçoit dans son cabinet le 3 novembre. Un petit bout de femme avec qui le courant passe tout de suite. Elle nous explique l’échec de nos tentatives précédentes et nous propose des solutions concrètes: une FIV IMSI (avec un choix des spermatozoïdes au microscope à très fort grossissement), une culture prolongée et une hôtel 5* pour nos embryons: l’embryoscope! Petit jouet de très haute technologie, l’embryoscope est une couveuse de luxe pour les embryons les plus fragiles. Apparemment seuls 3 centres en sont équipés dans tout le pays et cet engin comporte 5 places. C’était donc un très grand honneur que nous faisait la biologiste de nous en réserver une. Elle nous a expliqué que cette couveuse permettait de surveiller les embryons et de les manipuler par ordinateur à tout moment sans jamais les sortir. Manipuler des embryons déjà fragiles est une manoeuvre périlleuse selon elle, ce qui se comprend aisément. Nous repartons à la maison pleins d’espoir. Nous avons vraiment l’impression d’avancer! Nous plaisantons en disant que nos embryons allaient avoir un hôtel de luxe. Une lueur d’espoir apparaît vraiment.

Les piqûres se succèdent, la dose de départ est plutôt faible (150ui) mais à chaque échographie nous augmentons en puissance pour terminer à 275ui les jours précédant le déclenchement. Lors des échographies le Prof dit que ça réagit doucement mais il reste serein. Il me dit d’un ton calme: « il faut savoir prendre son temps avec vous ». J’aime les échos avec le Prof parce qu’il est doux, en même temps il a dû voir passer tellement de patientes. Le vrai point positif du nouvel hôpital par rapport à la clinique est que chaque salle d’écho est équipée de toilettes avec un lavabo et des patères pour ses vêtements. Youpie, je ne suis plus obligée d’entasser mes vêtements sur une chaise dans un coin de la salle. Et quel luxe de pouvoir se rafraichir rapidement avant l’examen. Ca m’a fait penser à toutes ces échos faites dans le cabinet de mon ancien gynéco (avant qu’il ne bosse dans les locaux de la clinique) où il fallait que je pronostique le temps restant avant d’entrer en consultation pour vite filer aux toilettes enlever le « nécessaire à ragnagnas » (j’essaye de ne pas être trop sale là) et y retourner en courant à la fin de la consultation avant que ça ne commence à « fuir » (entre temps il fallait s’assoir sur une fesse en priant pour que le SuperDoc ne soit pas trop bavard). Autre point positif avec un semblant d’intimité pendant les échos par le drap d’examen que le Prof pose sur ton ventre et qui te fait te sentir presque habillée.

Dernière séance de sport le 12 novembre. Je rejoins SuperCopine chez elle avant le cours. Je décide tout lui dire (rappelez-vous c’est censé être une FIV secrète). Elle est enthousiaste (comme à son habitude) et me dit que ce n’est pas grave que je sèche les cours pendant quelques semaines. Etant infirmière, elle insiste pour me faire mon injection de Go*nal du jour en disant qu’elle voulait apporter sa contribution pour que ça me porte bonheur. A la fin de la séance je me sens comme un mollusque, j’ai perdu toute mon énergie, les traitement commencent à vraiment me rendre raplapla.

Un arrêt de travail est prévu pour une semaine. J’en informe mes patrons qui restent professionnels et compréhensifs: pas de souci pour eux du moment que je ne prends pas de retard dans mes dossiers. J’essaye de m’avancer au maximum et boucle tous mes dossiers le 18 novembre, veille de la ponction. Entre temps j’ai revu le Prof la veille pour une dernière écho. La récolte ne semble pas prometteuse: 7, 8 ovocytes environ. Je ne suis pas emballée par ce résultat mais il me rassure en disant que son but n’était pas d’avoir 15 ovocytes.

La piqûre de déclenchement est faite dans les toilettes d’un restaurant entre le plat et le dessert (je vous passe les détail du bac réfrigérant dans mon superbe sac à main). Ma belle-mère se demande pourquoi je quitte la table avec mon sac à main mais ne dit rien. La grand-mère de mon homme est là aussi. Lorsque je reviens mon homme me demande discrètement si tout s’est bien passé. Voilà, cette fois c’est parti.

La ponction a lieu mercredi 19 novembre. Je me réveille étonnamment sereine. Le fait que ce soit la 3ème ponction n’est pas sans lien car je sais à quelle sauce je vais être mangée même si c’est dans un nouvel hôpital. Nous arrivons à l’hôpital en avance. Une petite aide soignante me conduit dans ma chambre, elle me dit que je suis la première à passer, tant mieux! Nous rentrons dans une grande chambre seule, je suis ravie d’être au calme rien qu’avec mon homme. Les aides soignantes et l’infirmière se succèdent à mon chevet, elles sont toutes très gentilles. Je descends à 7h30 accompagnés par des brancardiers assez froids, un homme et une femme qui ne me jettent même pas un regard (on aurait dit qu’ils transportaient des marchandises). J’arrive dans une salle d’attente où plusieurs femmes entrent juste après, chacune dans son lit. Nous restons de longues minutes à attendre. Je suis la première à être appelée, un infirmier me fait glisser de mon lit au brancard et m’emmène au bloc. Quatre femmes sont là: deux sont infirmières ou aide-soigantes, l’anesthésiste et son assistante. Elles sont gentilles et plaisantent entre elles. Je me sens entre de bonnes mains. Le Prof n’est pas là… Je commence à avoir envie de faire pipi… L’infirmier s’approche de moi avec une sorte d’aspirateur, il me sourit et me dis: « je vous mets le chauffage ». Il installe le tuyau sur mon ventre et je sens l’air chaud. Une des deux infirmières s’approche de moi et me demande si la musique me plait, je vois un petit écran d’ordinateur au dessus de ma tête. Norah Jones, mon homme adore cette chanteuse. Je lui réponds que tout est parfait.

Le prof arrive à 8h05 et se fait charrier pour son retard. Il me demande si je vais bien, je lui demande si il est bien réveillé. Il sourit. « 364 jours avec une demi heure d’avance et elles me charrient le seul où j’ai 5 minutes de retard ». L’anesthésiste est jolie, elle se penche sur moi et me dit que je vais sentir des picotements et m’endormir. Je hoche la tête…. dodo…..

J’ouvre les yeux en salle de réveil, il est 8h30. Ca n’a pas duré longtemps. J’ai un petit peu mal au ventre mais ça va. L’infirmière me dit que tout s’est bien passé. Une autre fille revient du bloc juste après. A peine réveillée elle demande « combien d’ovocytes »? La question que nous nous posons toutes. Je remonte dans ma chambre où mon chéri m’attend. Rien de bien passionnant pour le reste de la matinée parce que je dors beaucoup. Mon homme doit descendre voir le biologiste qui est de service ce jour là. Il revient avec le sourire, du moins c’est ce que je crois voir… Il m’explique que 5 ovocytes seulement ont été ponctionnés, un faible résultat. Pire encore, il me dit que l’IMSI n’a pas pu être faite car son recueil  n’a pas été assez bon.

Tout s’écroule. Nous avions mis tellement d’espoir dans cette FIV IMSI. Sans cette technique je m’attends à la même catastrophe que pour les FIVs 1 et 2. Et comme je suis bonne en maths, je comprends bien vite que si 15 ovocytes donnent 1 blastocyste, alors 5 ovocytes ne donneront rien. Je passe les heures qui suivent à pleurer. Mon homme me dit qu’il est désolé, je me sens aussi fautive que lui. Nous attendons les visites du biologiste et de l’anesthésiste pour rentrer. J’ai envie de rentrer chez moi tout de suite, cette journée est éprouvante. Le biologiste vient enfin. Il est accompagné d’une jeune fille italienne (d’après l’accent). Elle m’explique les traitements et me donne les détails pour le transfert. J’écoute d’une oreille, à quoi bon puisqu’il n’y aura pas de transfert. Le biologiste me demande si j’ai des questions, mon mari me pousse un peu. Je lui demande alors: « est-ce que tout est fini »? Il me répond que non, malgré nos précédentes expériences. Il comprend mon appréhension mais me dit qu’il n’y a pas de cas général et qu’il a vu tous les cas de figure. Il nous a dit que c’était très important d’y croire encore. Je n’ai pas pleuré mais les larmes étaient très proches. J’ai regardé l’italienne avec ses beaux yeux bleus. Elle aussi avait l’air au bord des larmes.

L’attente ne m’a pas paru stressante. Non, puisque pour moi tout était terminé. J’attendais l’appel de la biologiste me disant que tout était fini pour pouvoir passer à autre chose. J’ai commencé les traitements en vue d’un transfert qui n’aurait jamais lieu. Mes seules pensées positives: une FIV sans transfert ne sera pas décomptée et dès l’appel de la biologiste je pourrai arrêter l’Utro-crado (il ne me manquait pas celui-là).

L’appel a été passé sur mon portable vendredi 21 novembre en fin de matinée. En décrochant j’ai reconnu la voix de la biologiste qui nous avait reçu en rendez-vous. Elle refait un point sur notre dossier: 5 ovocytes, tous micro-injectés. Elle me dit ensuite: « trois sont précoces et deux continuent leur développement ». C’est-à-dire? Quoi? Elle m’explique que trois d’entre eux sont très bons et que les deux autres sont encore dans la course mais à un rythme un peu plus lent. Cette fois l’hécatombe n’aura pas eu lieu. J’appelle mon homme en pleurant « il y en a 5, il y en a 5 ». Je crois l’entendre pleurer lui aussi. Rien n’est encore gagné, mais rien n’est perdu non plus, contrairement à ce que je pronostiquais.

Les jours suivants ont été ponctués par les appels de la biologiste. Samedi 22 les 3 embryons avaient conservé leur avance, les deux autre commençaient à être hors circuit. Dimanche 23, un embryon magnifique, un assez bon mais sans plus et 3 embryons ne donnant pas grand chose. Au pire il devrait y avoir 1 blastocyste ce qui égalerait notre meilleur score (celui de FIV 1). Dernier coup de fil lundi 24 à 8h00: « j’ai une très bonne nouvelle, nous avons deux beaux blastocystes, venez à la clinique à 10h15 pour le transfert ». Nous sommes aux anges.

Le transfert a donc eu lieu lundi 24 novembre. Nous étions un grand nombre de couples dans la salle d’attente. Nous avons d’abord vu la biologiste qui nous a confirmé que les deux blastocystes étaient superbes. Ensuite, nous avons vu le Prof pour le transfert. Avant de partir il a donné des fioles de Decapep*til et le nécessaire pour l’injecter. Par « donner » je veux dire qu’il a fourgué tout cela dans les mains de mon homme qui n’osait plus bouger. Quand j’allais lui serrer la main, le Prof a pris ma main droite, l’a serrée très très fort et m’ a dit « Merde! Et tenez-moi au courant ».

Voilà, vous savez tout. Mes deux petits passagers sont là quelque part. Peut être qu’ils sont en train de s’accrocher, peut être qu’il ne sont déjà plus là. Il est possible que nous soyons en train de commencer une nouvelle aventure mais ça, nous le saurons très vite…..

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27 réflexions sur “La FIV 3

  1. Quelle histoire et que de rebondissements! Ma fiv 3 a été semblable (recueil cata tout juste suffisant pour l’imsi mais suffisant…). Et parfois c’est quand rien ne se passe comme prevu et que tout semble perdu que… Alors je croise fort Alice. Très très fort… ❤️

    • Merci beaucoup!!
      J’espère que tu verras une issue positive prochainement toi aussi. Que ce soit avec la PMA ou l’adoption (je vois que nous sommes toutes les deux sur des parcours assez similaires 😉 ).
      Bises

      • Oui on se suit… On va y arriver. J’en suis convaincue. Et si c’est par la serrure, on prendra un petit « mange moi » (ou « bois moi?) pour pouvoir nous faufiler. ❤️

  2. pfiouuuuuu…. j’ai eu l’impression de revivre ma fiv avec le professOR. Il est formidable et je suis sûre qu’il est l’un des plus compétents (et le respect de l’intimité j’en avais parlé sur mon blog). Bref, je le reconnais bien 🙂
    je croise tout pour vous ma belle. Des bisous ❤

  3. Pffiouuuu !! que de rebondissements… et finalement, 2 passagers qui s’installent… en tout cas je croise fort fort mes petits doigts pour que vous ayez une belle surprise !! Pleins de gros Bisous !!

  4. Hey ben! Pour le moment, quelle belle fin pleine d’espoir. Je croise fort pour toi, tu le sais. J’espère que cette FIV 3 t’apportera autant de bonheur qu’à moi. Bisous

  5. Oh c’est une Bonne Nouvelle !
    Deux beaux blastocytes, c’est génial !!
    Je croise fort fort fort pour vous !
    L’attente de la pds est un peu moins long avec les blastos. Plein d’ondes positives pour qu’ils s’accrochent bien ces prochains jours !

  6. ouh lala je te dis merde merde merde et je croise fort les doigts pour vous. moi j’ai eu un transfert de 3 embryons en fin octobre mais ils ne se sont pas accrochés alors je recommence à mi mars 2015 la nouvelle fiv. mais perd pas espoir tout peut arriver tu en as eu la preuve.

  7. Waouhh quel aventure … contente pour toi que tu ai ou au moins en arriver là rien n est gagner mais c est déjà 1 bon départ. .. j’espère sincèrement que cette fois sera la bonne peut tu me dire dans quel centre tu est suivi ?? Dans quel région ? En tout cas ton récit donne envie de leur faire confiance … courage pour l attente je t envoie des ondes positives bizz

  8. J’ai lu ton article comme le meilleur roman du moment…..et quand on m’a appelé, ben j’ai sursauté bêtement mais ….. quelle belle histoire jusqu’à maintenant !!!!! Je veux que ça marche!!!!!!!! Bordal !!!!!!! Je vais y mettre toute la foi et toute la bienveillance possible…! Allez! Go ! Go ! Go les blastos !!

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