Les maux de plus

14 mois…

Je n’ai pas pris le temps de vous répondre, je m’en excuse. Aujourd’hui, l’envie d’écrire est venue. Envie une fois de plus de mettre mes tripes sur le clavier.

Aujourd’hui j’ai terriblement besoin  de reprendre la plume pour extérioriser un petit bout de ces démons qui me rongent. Le blog me permet l’anonymat, mais je ne peux prendre aucun risque et doit rester prudente voilà pourquoi je ne peux pas en dire « trop ».

6 mois que notre vie s’est mise en pause après qu’un tsunami ait tout emporté. Notre quotidien heureux est devenu un univers froid ponctué de couloirs d’hôpital. Et même si aujourd’hui tout va (relativement) mieux, certaines images restent gravées et m’empêchent de trouver le sommeil ce soir.

Parce qu’une maman ne devrait pas téléphoner chaque matin à l’hôpital pour savoir si son fils a « passé la nuit ». Parce qu’elle ne devrait pas sentir sous son baiser la peau si froide de son bébé. Elle n’aurait pas dû le voir branché à des millions de tuyaux et de machines ne pouvant pas le prendre dans ses bras. Elle n’aurait pas dû contempler ce petit lit vide pendant de longs mois. Elle ne devrait pas rêver chaque nuit d’aller venger son tout petit pour ce qu’il a subi… pourtant.

Pourtant il est là. Son courage est encore plus grand que les dommages qu’il a subi. Toutes les cicatrices sur son petit corps ne sont rien à côté du sourire qu’il a retrouvé.

La roue ne tourne jamais totalement. Et même si l’issue est favorable, il faudra du temps pour que s’atténuent les cicatrices du corps comme celles de l’âme. Parce qu’il ne devrait pas être permis de faire du mal à un enfant…

Le mot de la fin

Nous y sommes… Que dire? Comment clôturer ce blog qui a été mon carnet de bord pendant ces années de galère? Comment dire au revoir à mes fidèles copinautes qui ont été un soutien sans faille dans les bons jours comme dans les plus sombres?

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Mes enfants sont nés! Voici comment ça s’est passé:

Tout a commencé dans la nuit du 15 au 16 juillet. Précisément à 4h30 du matin quand j’ai perdu les eaux dans mon lit. Un petit quart d’heure avant je m’étais assise dans le lit ne trouvant pas le sommeil. Ma chatte était à côté de moi. Je me suis dit que sa réaction était étrange: elle me tournait autour et faisait des pauses pour s’asseoir près de moi et me regarder avec insistance. Je m’étais dit que peut être, elle sentait que les bébés allaient arriver. 4h30, sentant le liquide amniotique couler alors que je m’étais recouchée, je me suis vite levée pour essayer d’épargner au maximum mon lit. Et là… Une rupture franche de la poche des eaux et une quantité incroyable de liquide est tombé au sol. N’osant pas bouger de ma flaque, j’ai réveillé mon homme du bout des doigts. « Chéri… Je perds les eaux mon cœur ». D’un bond il s’est retrouvé hors du lit me disant que nous devions partir. Le temps de rassembler les dernières affaires (la valise étant prête depuis de longues semaines) et nous sommes partis. Dans la voiture nous étions heureux et excités.
Arrivés aux urgences de la maternité nous nous attendions à être pris en charge tout de suite, raté. Une fois ma tension et ma température prises, on nous a envoyé nous installer en salle d’attente pendant de longues minutes. Nous en avons profité pour prévenir nos proches qui ne savaient pas encore que le grand moment était en train de se produire.
Au bout d’une interminable attente, une dame est venue nous chercher pour nous installer dans une salle d’examen du rez-de-chaussée.
Un test urinaire plus tard et je suis installée sur la table d’examen pour un monitoring. J’entends les battements de cœur de mes bébés: réguliers, sereins. J’ai quelques contractions que je sens à peine, le travail n’a pas encore commencé.
Une sage femme arrive, elle porte le même prénom que moi. Elle m’examine: col ouvert à un petit centimètre. Son élève sage femme m’installe une perfusion sur le dessus du poignet. Le travail peut démarrer dans quelques heures mais peut aussi être très long à venir. Une chambre m’est proposée dans le service de maternité pour que nous puissions poser nos affaires et attendre que les contractions commencent. Je perds encore beaucoup de liquide amniotique. A tel point que nous devons attendre quelques minutes avant de réussir à sortir de la salle d’examen.
Nous entrons dans la chambre du 4ème étage en milieu de matinée et un nouveau monitoring est posé à midi. Toujours des contractions mais pas de travail en vue.  Ma belle mère et mon irréductible Super Copine arrivent en milieu d’après midi. Nous marchons dans les couloirs, je me lève et m’asseoir, je fais du ballon dans l’espoir que le travail commence enfin. Rien.
Mes visiteurs partent et je m’installe devant mon plateau repas froid que je déguste quand même avec appétit.
A 21h, la sage femme du soir fait sa ronde et me donne deux spasfons pour atténuer les quelques contractions et passer une bonne nuit. Le déclenchement est prévu pour le lendemain matin à 7h après examen par la sage femme de la journée.
Je m’installe donc devant mon iPad avec un épisode de Alias lumière éteinte, et essaye de rattraper quelques heures de sommeil avant le grand jour.
21h20, une contraction un peu plus forte que les autres… 21h40, 22h00… Les contractions s’enchaînent, je me demande si le travail se mettra en route cette nuit. Tout s’accélère vers minuit quand les contractions deviennent vraiment douloureuses et rapprochées. Fière de moi je me dirige vers le bureau de la sage femme à 2h du matin pour lui annoncer que que j’ai contractions douloureuses toutes les dix minutes depuis une heure. A voir mon visage la sage femme me répond qu’il faut attendre encore un peu car les contractions les plus douloureuses ne semblent pas avoir commencé. Elle a raison. Je retourne dans ma chambre, s’en suit une heure de contractions vraiment très douloureuses qui me sortent de mon lit. Je téléphone à mon homme et lui demande de revenir à l’hôpital car le travail commence. La sage femme passe me voir à 3h et me retrouve debout au pied du lit, tétanisée par la douleur. Elle me pose un nouveau monitoring puis m’examine: dilatation à 3 cm, c’est suffisant pour descendre en salle d’accouchement et poser la péridurale. La sage femme m’installe sur une chaise roulante direction le rez-de-chaussée.
Arrivés au rez-de-chaussée, nous sommes pris en main par un jeune sage femme qui me pose un nouveau monitoring. Il nous explique que les anesthésistes sont occupés avec une autre patiente mais qu’ils viendront poser la péridurale dans une demi-heure. S’en suivent trente minutes de douleurs insoutenables, mais je tiens bon. Mon chéri se sent impuissant et essaye de me rassurer comme il peut. Les anesthésistes arrivent, une jeune fille et un homme plutôt enveloppé. Ils sont gentils et doux. Ils me coatchent pour respirer pendant les contractions et posent enfin la péridurale. Dix minutes après c’est le soulagement. Nous éteignons la lumière et essayons de nous assoupir quelques heures. J’en suis à ma deuxième nuit blanche il est environ 7h du matin, ce moment de repos est le bienvenue. Le sage femme nous annonce environ un centimètre de dilatation par heure, nous savons que le chemin sera encore long puisque je suis à environ 3 cm. 7h30, la relève se met en place, le jeune sage femme nous dit au revoir, il regrette de ne pas pouvoir rester jusqu’à l’accouchement. La nouvelle sage femme arrive, elle est adorable. Le courant passe aussitôt entre nous trois. Elle nous explique qu’elle souhaiterait nous offrir l’accouchement dont nous rêvons. Pour ce faire elle nous demande si nous avons des désirs particuliers et nous propose d’utiliser la luminothérapie car la pièce en est équipée. Nous choisissons une ambiance bleutée pour accueillir nos garçons.
Il est environ 9 heures du matin quand la sage femme vient m’examiner à nouveau. Le travail à bien avancé puisque je suis dilatée à 7 cm. Je regarde le monitoring qui dessine des contractions, par chance je ne les sens pas. Nous restons au calme une heure de plus lorsque je ressens l’envie de pousser. Mon chéri appelle la sage femme qui vient m’ausculter: dilatation complète! Nous sommes bien contents. Elle nous explique qu’elle va rassembler l’équipe pour la naissance de nos bébés. Une demi heure plus tard, tout le monde est là: la sage femme et son élève, une élève médecin russe, une interne, un médecin et une puéricultrice. Une équipe 100% féminine. La gentille sage femme nous explique que par mesure de précaution une seconde équipe de médecin et d’anesthésistes attend de l’autre côté de la porte. Tout est en place pour la naissance. Vingt minutes de poussées et nous découvrons enfin le visage de mon premier bébé. Mon homme coupe le cordon, il est ému. La sage femme le dépose sur mon ventre. Quelle sensation magique! Il pousse immédiatement son premier cri. Quelques secondes à peine et il est temps de se remettre au travail pour faire naître son petit frère. Je regarde la puéricultrice s’occuper de de mon fils ainé. Elle lui fait passer ses premiers tests, le fait marcher et lui prodigue les premiers soins. Pendant ce temps les médecins et internes s’activent autour de mon bidon. Le médecin appuie sur mon ventre pour remettre mon deuxième bébé dans l’axe et le faire descendre puis rompt la poche des eaux. Mon grand bébé est langé et la puéricultrice le met dans les bras de Papa. Il est calme.
Ma gentille sage femme se place à côté de ma tête. C’est l’interne qui fait naître mon deuxième fils. Trois poussées sur la première contraction, le médecin s’impatiente et sort la ventouse. Je regarde la sage femme, elle semble agacée par le comportement de sa collègue. Elle m’encourage: « une contraction et il sera avec nous ». Elle a raison: un dernier effort et bébé nait 7 minutes après son frère, avant même que le médecin n’ai pu utiliser sa ventouse. Au moment de couper le cordon, mon homme a toujours son fils dans les bras et me propose de m’en charger. Pourquoi pas, je coupe moi même le cordon de mon second bébé. L’interne le pose sur moi, il est minuscule. Quelques secondes et il pousse lui aussi son premier cri. La puéricultrice pose l’ainé sur mon ventre et s’occupe du petit frère avant de le déposer dans les bras de son père. Nous passons de longues minutes à nous regarder mon mari et moi. Le temps s’arrête malgré l’agitation qui règne toujours autour de nous. De longues minutes ponctuées de je t’aime. Nous l’avons fait, ils sont là. Nos enfants!

Voilà, vous savez tout, presque un mois qu’ils sont là et qu’ils nous comblent de bonheur. Maintenant il est temps pour moi de tirer ma révérence. Pour conclure je voulais adresser un message à celles qui liront ces lignes alors qu’elles attendent toujours. Le chemin est difficile, ce n’est pas un long fleuve tranquille. Vous aurez des moments de doute et de découragement. Le plus difficile pour nous c’était de penser que malgré nos efforts le succès ne serait pas forcément au bout du chemin. Et pourtant… Même sans y croire nous avons continué le parcours PMA. Même si c’était douloureux et si nous n’arrivions plus à y croire. Cette dernière tentative nous l’avons faite, et même si elle avait échoué nous aurions tenté la quatrième FIV car il restait un petit bout d’espoir. Lorsque 5 ovocytes seulement ont été ponctionnés nous pensions que tout était fichu, et pourtant… Tout cela pour vous dire qu’un tout petit espoir peut suffire. Que quelques rares spermatozoïdes, que quelques embryons peuvent parfois donner le plus beau des cadeaux. Ne lâchez pas. Et prenez soin de vous: préservez votre couple, prenez le temps de vous reposer lorsque les échecs deviennent trop pesants. Je croise tous mes doigts pour que vous réussissiez tous et toutes à connaître la parentalité et vous dire à votre tour: « je l’ai fait ».

Je vous embrasse 1000 fois. Merci pour votre soutien, merci de m’avoir lue, merci pour tous vos témoignages d’affection. N’hésitez pas à continuer de poster vos commentaires ou à m’envoyer des messages que ce soit ici ou sur ma boîte mail (aliceinpmaland@gmail.com) ❤

Avant de rendre l’antenne

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Difficile d’imaginer que je suis en train de rédiger un des derniers articles de ce blog.

Et pourtant… Comme je l’expliquais précédemment, je n’ai pas pour vocation de transformer ce blog en site de « maman ». J’ai envie qu’il garde sa vocation première: la PMA. Mais je veux aussi clore le chapitre correctement et ne pas partir comme une voleuse sans que vous connaissiez la fin de mon histoire PMesque. Ce que je souhaite pour la suite c’est que ce blog reste ouvert pour que mon histoire soit lue et pour que les futures PMettes puissent voir que parfois la persévérance vaut le coup.

Nous y voilà: 32SA révolues. En language de femme enceinte ça veut dire beaucoup de choses: que les bébés ne sont désormais plus des grands prématurés, qu’ils sont désormais parfaitement viables. Demain commencera le 8ème mois de grossesse et chaque jour je m’étonne que ce corps si récalcitrant s’adapte parfaitement à la maternité. Ce corps qui a refusé d’engendrer naturellement un enfant, qui n’a pas accepté les quelques embryons des FIVs précédentes, qui a subi des traitements à répétition. Ce corps a changé, il a accueilli nos deux embryons, leur a offert un abris et leur a permis de devenir deux foetus. Mon corps qui chaque jour nourrit mes garçons, leur donne force et vitalité, les fait grandir de façon spectaculaire (car oui, 1kg900 à 32SA, pour des jumeaux c’est assez énorme selon notre médecin). Alors je lui dis « merci » et pardon pour les années de mauvais traitements (mais le jeu en vaut la chandelle).

Mes activités ralentissent, je me laisse porter par les semaines qui défilent (plutôt lentement je dois dire). Après des mois d’agitation et de préparatifs nous sommes prêts. De la valise à la chambre, en passant par la poussette double et les cosys. Je repense à cette sombre période d’il y a deux ans tout juste. Le double deuil, l’échec de FIV, le sentiment que la roue ne tournerait jamais: tous les souvenirs me reviennent et je constate à quel point j’avais tord de ne plus y croire.

Dans quelques semaines ma vie va prendre un nouveau tournant: je vais avoir trente ans, je vais devenir Maman. La vie est belle ❤…

La recette du succès

Qu’est-ce qui fait la différence entre un échec et une tentative qui porte ses fruits? Cette question je me la suis posée des dizaines de fois en démarrant ma FIV 3.

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Pour cette troisième FIV je voulais mettre toutes les chances de notre côté. Voici la recette qui a été la notre: – 76 cycles d’arrêt de pilule – 1 nouveau centre PMA – 6 cm de cicatrice à l’aine suite à l’opération du varicocèle de mon homme – 1 cigogne choisie avec soin dans un magasin pour touristes de Strasbourg – 2 rendez-vous chez un réflexologue – 90 cachets de Concep*tio femme – 1500 (au bas mot) cachets ingérés par mon cher et tendre ces dernières années – 54 pchits de Syna*rel – 20 heures passées à somnoler écouter le CD d’auto hypnose – 2500 ui de Go*nal dont plusieurs injections faites par mon homme et une par ma SuperCopine – 6 personnes au courant de cette tentative en dehors du corps médical et des copines de blog – 25 minutes de bloc opératoire – 5 ovocytes prélevés lors de la ponction – 5 spermatozoïdes choisis avec soin par la biologiste – 120 heures passées dans un embryoscope sous haute surveillance – 2 blastocystes transférés – 6 jours d’arrêt maladie – 12 jours d’attente post transfert – 1 test de grossesse positif – 390ui de béta HCG lors de la prise de sang des 14 dpo – 837 ui à 16 dpo – 2678 ui à 19 dpo – 2 coeurs battants vus à l’échographie juste après Noël Et maintenant? – 105 jours écoulés depuis ce test de grossesse positif soit 18sa + 5 jours – 2 lits, une commode, une armoire, un chiffonier, un coffre à jouet montés – 2 doudous qui attendent patiemment des petites mains pour les serrer – 16 bodies achetés – 4,9 kg de plus sur la balance – 1 poussette double – 2 tailles de bonnet de soutien gorge supplémentaires – 2 « zigounettes » (selon les termes du médecin) décelées à l’échographie. Ils arrivent, ce sont nos fils….

J’avais tiré un trait

J’avais tiré un trait sur cette possibilité… Je m’étais résignée pensant que je ne porterai jamais cet enfant en moi. J’étais cette mère sans enfant. Cette mère parmi tant d’autres dans l’attente de l’adoption de son enfant. Un jour ils nous appelleront pour nous dire qu’un enfant nous attend. Ce sera le plus beau jour de notre vie. J’avais tiré un trait sur les traitements hormonaux, sur les ponctions, les transferts et les longues heures d’attente avec un verdict toujours négatif. Un jour la curiosité est revenue. L’envie de « tenter sa chance » a refait surface. Nous avons consulté de nouveaux médecins dans un nouvel hôpital. Nous avons senti que cette tentative au début porteuse d’espoir se transformait en fiasco comme les autres. Nous avons tenu bon et continué à espérer, gardant en tête cette adoption qui arriverait un jour. Et nous y voilà: 19 novembre 2014 – 19 février 2015. Un ventre rond, un corps qui se transforme. Deux bébés qui grandissent en moi jour après jour depuis 3 mois. Aujourd’hui s’est achevé le 1er trimestre, aujourd’hui j’entre dans le 4ème mois de grossesse. Je suis émue, les larmes montent. Ces enfants espérés par adoption seront finalement de mon sang, ils seront deux. Quel cadeau merveilleux.

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Le chemin vers le clavier

Des semaines que j’essaye de trouver les mots pour mon prochain article.

Je reprends timidement les commandes de mon blog parce que certaines d’entre vous m’ont demandé des nouvelles et que je me rends compte ne pas avoir écrit depuis quelques temps.

Les news
La première échographie a eu lieu le 29 janvier dernier avec notre cher Prof. Nous avions la boule au ventre, certains d’assister à un revirement de situation comme on lit trop souvent sur les blogs des copines. Le Prof est arrivé, m’a demandé les résultats de prise de sang pendant que nous courrions marchions dans le couloir. « Des symptômes? Des saignements? », je lui ai répondu que tout semblait aller. Mon homme m’a lancé un regard inquiet avant que je ne rentre dans la petite pièce pour enlever le bas. L’écho a commencé avec une masse noire. Je savais (pour avoir passé pas mal d’échos avec ma chienne quand elle était gestante) qu’il s’agissait d’un sac, mais je ne voyais rien à l’intérieur. Le Prof nous expliquait que c’était le sac contenant le liquide amniotique etc, et dans mon fort intérieur je me répétais « dis moi qu’il y a quelque chose à l’intérieur ». Il a poursuivi avec « et voilà un embryon de taille normale avec une activité cardiaque ». Un moment de pause… Il me regarde et me demande combien d’embryons ont été transférés, je lui réponds deux. « Voilà le deuxième » me répond le Prof en faisant apparaître notre deuxième embryon. Mes yeux pleurent, mon homme pleure aussi du haut de son petit tabouret à l’autre bout de la pièce. Il est loin, trop loin, j’aimerais prendre sa main. Les seuls mots qui sortent de ma bouche sont « ho putain » (première fois que j’écris un gros mot sur mon blog sans le brouiller). Sur le coup le Prof ne savait pas si c’était une bonne ou une mauvaise nouvelle. Je lui ai simplement répondu « c’est merveilleux ». Nous sommes sortis du cabinet avec notre banderole de photos. Nous étions heureux, rassurés, assommés. Le Prof nous a dit au revoir. Ça ressemblait à un adieu. Il nous a donné quelques consignes pour le suivi et nous a dit qu’il voulait impérativement un faire part pour sa collection.

Les annonces
Joies, surprises et déceptions on été les maîtres mots de ce qui a suivi. Forcés de constater que mon ventre s’arrondissait à vitesse grand V, nous avons fait le tour de nos familles respectives et de nos amis pour annoncer la grande nouvelle. Beaucoup on pleuré. Tous ces gens qui nous avaient suivi de près ou de loin qui ont été touchés par notre voyage et qui nous souhaitaient cette issue favorable depuis longtemps déjà. Des moments de joie partagés en famille autour de la bouteille de Dom Perignon de mon père pour laquelle je me suis octroyée une cuillère à café. L’annonce faite à ma grand mère sous le grand sapin de Noël. Mon autre grand mère en pleurs me disant « on a droit de pleurer de joie.. à condition d’avoir un mouchoir ». Des bouteilles de champagne avec les copains autour d’une minuscule table de cuisine pendant un atelier « fourrage de dinde » le 31 décembre. Pour la première fois depuis 6 ans, ce Noël j’ai respiré, j’ai vécu, j’ai kiffé!

Et puis il y a eu les autres… Ceux qui ont toujours le mot pour te mettre mal à l’aise. Ceux qui arrêtent de te parler lorsque tu décroches ton sésame (et oui, il y en a). La femme d’un pote qui a dit « des jumeaux quelle horreur ». Les réflexions qui font plaisir comme celle de la grand mère de mon homme qui nous a dit « comme quoi quand on arrête d’y penser » et sa variante faite par une copine « comme quoi vous avez bien fait de vous inscrire pour une adoption ».

Et puis il y a les surprises comme deux anciennes amies avec qui les liens étaient presque rompus qui se sont toutes les deux mises à pleurer lorsque nous avons annoncé la nouvelle. Surprenant.

La vie
Comme je l’ai dit dans mon message précédent, je n’ai pas pour but de dévier sur un blog de puériculture alors je vous passerai mes problématiques de nausées, de poussette double, de changement de bagnole et de mode de garde. Je vous dirai juste que je vais bien. Que je prends confiance en l’avenir et que je me sens indestructible (à tendance limace quand même). Je regarde ce ventre arrondi. Déjà bien gros pour un début de 3ème mois. Pour l’instant ces enfants sont une notion un peu abstraite. La prochaine échographie est programmée pour le 3 février prochain. D’ici là je continue de serrer les fesses et de croiser les doigts.

Sous le sapin

Cette année le Père Noël m’a apporté un cadeau. Un cadeau minuscule, fragile, un cadeau porteur d’espoir.

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Malheureusement, le Père noël a oublié que certaines copines de blogs, des lectrices (et lecteurs) et des PMettes anonymes attendent toujours au pied du sapin. Ne voyant rien venir.

Cette année j’ai la chance de ne pas avoir droit au champagne ni au foie gras. Cette année j’aurais probablement une bonne nouvelle à annoncer à mes proches à noël ou pour le réveillon. Je ne sais même plus quel Saint prier pour que ce bonheur dure encore (certainement Saint Prof). Je ne sais pas non plus qui remercie pour ce cadeau tant attendu.

Peu importe le temps d’attente, peu importe le nombre d’échecs et de tentatives. Il n’y en a pas une qui mérite plus/moins qu’une autre de monter dans le train. Les maladies, les deuils, les faux espoirs… Chacune a son lot de maux et le temps est toujours long quand on attend.

Je sais comme cette attente est cruelle quand les autres obtiennent ce que l’on désire le plus au monde. Quand ce sont des copines de galère on est un peu moins peinées. Mais on garde quand même cette boule au ventre en disant: encore une qui quitte le quai pendant que je reste là.

Pourtant je ne me sens pas tout à fait partie même si je ne suis plus tout à fait là non plus. Je flotte dans cet entre deux en attendant de voir comment les choses évoluent.

Je pense à celles qui me liront la boule au ventre. Avec ce brin de jalousie que j’ai eu si souvent même si j’essayais de le refréner. Je pense à celles qui arrêteront de me lire, parce que moi aussi j’ai eu besoin de décrocher du bonheur des autres pendant un moment. Je leur demanderai simplement pardon. Pardon de ne pas vous avoir emmenées avec moi dans ce beau voyage. Je promets que si j’avais eu la possibilité j’aurais pris des billets pour chacune.

Je ne m’interroge pas sur le devenir du blog. Je respecte le choix des copines qui continuent à écrire après la naissance de leur petit. Je sais que, pour ma part, je ne le ferai pas car je souhaite que ce blog garde sa vocation première: la PMA. J’essayerai d’écrire pour donner des nouvelles sur l’évolution de tout cela. Je vous raconterai peut être le plus beau jour de ma vie puis je disparaîtrai de vos écrans. Ce blog restera ouvert. J’espère qu’il continuera à recevoir la visite de jeunes premières (comme je l’ai été un jour) qui arriveront à la dernière ligne en se disant: « je sais que c’est possible ».

Je vous souhaite de douces fêtes de fin d’année. A très vite.